mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KATAM Avocats |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, la SA Bouygues Telecom et la SAS Cellnex France, représentées par Me Hamri, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Jean-De-Védas s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 034 270.24. M0016 de travaux, déposée par la SAS Cellnex France pour la réalisation d'une antenne relais de téléphonie mobile sur un terrain cadastré AC 0053 sis 7 rue Alberto Dumont à Saint-Jean-De-Védas, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Jean-De-Védas, à titre principal, de délivrer un certificat de non-opposition, dans un délai de deux mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Jean-De-Védas, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-De-Védas une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision d'opposition à la déclaration préalable porte atteinte à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile de la société Bouygues Telecom ; une partie du territoire sur laquelle la station relais est projetée n'est pas couverte par le réseau de l'exposante ;
- il est porté atteinte aux obligations imposées par l'autorisation dont la société Bouygues Telecom bénéficie et à la continuité du service public auquel elle participe ;
- le site projeté aura pour effet de combler un trou de couverture et de décharger substantiellement une zone saturée permettant au service de fonctionner dans des conditions moins anormales.
Sur le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision d'opposition est entachée d'une incompétence de son auteur ;
- la demande de pièce complémentaire formulée par la ville étant illégale, le délai d'instruction d'un mois n'a pas été modifié ; la décision tacite de non opposition est une décision de retrait qui été prise en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable ;
- la commune a commis une erreur de droit en fondant son opposition sur les dispositions issues du premier alinéa de l'article 4U 7 du Plan local d'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, la SA Bouygues Telecom et la SAS Cellnex France demandent au tribunal de dire n'y avoir lieu à statuer sur la requête dès lors que le maire de la commune de Saint-Jean-de-Védas a le 5 septembre 2024 retiré la décision d'opposition initiale et délivré une décision de non opposition.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 août 2024 sous le n° 2404117 par laquelle la SA Bouygues Telecom et la SAS Cellnex France demandent l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024 à 15h00 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 janvier 2024, la société Cellnex France a déposé auprès des services de la commune de Saint-Jean-De-Védas une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais de radiotéléphonie mobile sur un terrain cadastré AC 0053 situé 7 rue Alberto Dumont à Saint-Jean-De-Védas en zone 4U2 du plan local d'urbanisme. Par un arrêté n° DP 034 270 24 M0016 du 21 mai 2024, le maire de la commune de Saint-Jean-De-Védas a fait opposition à cette déclaration préalable de travaux. Par la présente requête, les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France Infrastructures sollicitent du juge des référés la suspension de cette décision. Postérieurement à l'introduction de la requête, le maire de Saint-Jean-de-Védas a par arrêté en date du 5 septembre 2024 retiré l'arrêté du 21 mai 2024 dont il est demandé la suspension et a pris une décision de non opposition à la déclaration préalable déposée le 25 février 2024. Les conclusions tendant à la suspension de l'arrêté du 21 mai 2024 ont dès lors perdu leur objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
2. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la SA Bouygues Telecom et la SAS Cellnex France la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SA Bouygues Telecom et la SAS Cellnex France tendant à la suspension de l'arrêté n° DP 034 270 24 M0016 du 21 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Jean-De-Védas s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la SAS Cellnex France pour la réalisation d'une antenne relais de téléphonie mobile.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à la société Bouygues Télécom, à la société Cellnex France et à la commune de Saint-Jean-De-Védas.
Fait à Montpellier, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 septembre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026