Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 août et 2 septembre 2024, M. A... B..., représenté par Me Brengarth, demande au tribunal :
d’annuler l’arrêté du 6 août 2024 par lequel le ministre de l’intérieur a, sur le fondement des dispositions de l’article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure, renouvelé pour une durée de trois mois la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS) prise à son encontre le 14 mai 2024, lui faisant interdiction de quitter le territoire de la commune de Canet-en-Roussillon et obligation de se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Canet-en-Roussillon, modifié par l’arrêté du 23 août 2024 lui faisant interdiction, à compter du 29 août 2024, de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Montpellier et l’obligeant à se présenter une fois par jour à l’hôtel de police de Montpellier à 18 heures ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée n’est pas signée et ne comporte pas le nom de son auteur en méconnaissance de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- il n’est pas justifié de la compétence de l’auteur de l’arrêté litigieux ;
- il n’est pas justifié du respect de la procédure prévue à l’article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure visant à l’information du procureur de la République anti-terroriste et du procureur territorialement compétent ;
- la décision contestée porte une atteinte grave à la liberté d’aller et venir ;
- elle porte une atteinte grave à sa vie privée et familiale en méconnaissance de l’article 9 du code civil et de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle ne satisfait pas aux conditions posées par l’article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure dès lors que son comportement ne constitue pas une menace actuelle pour la sécurité et l’ordre publics, qu’il n’est pas en relation habituelle avec des personnes ou organisation en lien avec le terrorisme et qu’il ne soutient ni ne diffuse aucune thèse incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2024, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Charvin, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteur publique ;
- et les observations de Me Villetard, représentant M. B....
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 mai 2024, le ministre de l’intérieur a pris à l’encontre de M. B..., ressortissant français né en novembre 2002, une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance régie par les articles L. 228-1 et suivants du code de la sécurité intérieure lui interdisant, pour une durée de trois mois, de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Canet-en-Roussillon, sauf autorisation, et lui faisant obligation de se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Canet-en-Roussillon à 9h00. Par la présente requête, M. B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 6 août 2024 par lequel le ministre a renouvelé ces mesures pour la même durée de trois mois, ainsi que l’arrêté du 23 août 2024 lui faisant interdiction, à compter du 29 août 2024, de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Montpellier et l’obligeant à se présenter une fois par jour à l’hôtel de police de Montpellier à 18 heures.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure : « Aux seules fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme, toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s’accompagne d’une manifestation d’adhésion à l’idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l’intérieur les obligations prévues au présent chapitre. ». L’article L. 228-2 du même code prévoit que : « Le ministre de l’intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l’article L. 228-1 de : / 1° Ne pas se déplacer à l’extérieur d’un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l’intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s’étend, le cas échéant, aux territoires d’autres communes ou d’autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; / 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d’une fois par jour, en précisant si cette obligation s’applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; / 3° Déclarer son lieu d’habitation et tout changement de lieu d’habitation. / (…) Les obligations prévues aux 1° à 3° du présent article sont prononcées pour une durée maximale de trois mois à compter de la notification de la décision du ministre. Elles peuvent être renouvelées par décision motivée, pour une durée maximale de trois mois, lorsque les conditions prévues à l’article L. 228-1 continuent d’être réunies. Au-delà d’une durée cumulée de six mois, chaque renouvellement est subordonné à l’existence d’éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article ne peut excéder douze mois. Les mesures sont levées dès que les conditions prévues à l’article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. / Toute décision de renouvellement des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article est notifiée à la personne concernée au plus tard cinq jours avant son entrée en vigueur. La personne concernée peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat qu’il délègue l’annulation de la décision dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué sur la légalité de la décision au plus tard dans un délai de soixante-douze heures à compter de la saisine du tribunal. Dans ce cas, la mesure ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. (…) / La personne soumise aux obligations prévues aux 1° à 3° du présent article peut, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision, ou à compter de la notification de chaque renouvellement lorsqu’il n’a pas été fait préalablement usage de la faculté prévue au huitième alinéa, demander au tribunal administratif l’annulation de cette décision. Le tribunal administratif statue dans un délai de quinze jours à compter de sa saisine. (…) ».
En ce qui concerne la légalité externe de l’arrêté :
3. Aux termes de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / Toutefois, les décisions fondées sur des motifs en lien avec la prévention d’actes de terrorisme sont prises dans des conditions qui préservent l’anonymat de leur signataire. Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l’original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l’administration. ». Aux termes de l’article L. 773-9 du code de justice administrative : « Les exigences de la contradiction mentionnées à l’article L. 5 sont adaptées à celles de la protection de la sécurité des auteurs des décisions mentionnées au second alinéa de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration. / Lorsque dans le cadre d’un recours contre l’une de ces décisions, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités prescrites par le même article L. 212-1 ou de l’incompétence de l’auteur de l’acte est invoqué par le requérant ou si le juge entend relever d’office ce dernier moyen, l’original de la décision ainsi que la justification de la compétence du signataire sont communiqués par l’administration à la juridiction qui statue sans soumettre les éléments qui lui ont été communiqués au débat contradictoire ni indiquer l’identité du signataire dans sa décision. »
4. La seule circonstance que la décision litigieuse ait été prise pour des motifs liés à la prévention d’actes de terrorisme suffit à justifier le recours à la procédure dérogatoire prévue par ces dispositions, cette condition s’appréciant indépendamment du bien-fondé de ces motifs retenus. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement contester sa régularité au motif que l’ampliation qui lui a été notifiée ne comportait pas les mentions visées par les dispositions du premier alinéa de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration.
5. Le ministre a produit devant le tribunal, dans les conditions prévues par les dispositions de l’article L. 773-9 du code de justice administrative citées au point 3, l’original de l’arrêté contesté du 6 août 2024, qui comporte l’ensemble des mentions requises par le premier alinéa de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration, dont notamment l’identité et la signature de son auteur, lequel disposait d’une délégation régulière donnée par le ministre de l’intérieur. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de la mesure litigieuse doit être écarté.
6. La circonstance que le ministre de l’intérieur n’ait pas informé le procureur de la République comme prévu par les dispositions citées au point 2 reste sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que cette information ne constitue pas une procédure préalable obligatoire conditionnant la légalité d’une telle mesure. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier électronique en date du 6 août 2024 à 10h34, la direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’intérieur a informé le procureur de la République antiterroriste ainsi que le procureur de la République de Perpignan, territorialement compétent, de la mesure envisagée à l’encontre du requérant. Par suite, le moyen par lequel M. B... se borne à soutenir qu’il n’est pas justifié du respect de la procédure prévue à l’article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure ne peut qu’être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne de l’arrêté :
7. Il résulte des dispositions citées au point 2 que les mesures individuelles que prévoit l’article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure doivent être prises aux seules fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme et sont subordonnées à deux conditions cumulatives, la première tenant à la menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics résultant du comportement de l’intéressé, la seconde aux relations qu’il entretient avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ou, de façon alternative, au soutien, à la diffusion ou à l’adhésion à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes.
8. Pour prendre sa décision, le ministre de l’intérieur, après avoir caractérisé le niveau élevé de la menace terroriste qui se maintient sur le pays depuis plusieurs mois, a estimé que le comportement du requérant, notamment sur les réseaux sociaux, son attrait pour l’islam radical et ses relations avec deux individus pro-djihadistes justifiaient, dans le but de prévenir la commission d’actes de terrorisme, le renouvellement de la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance, comportant les obligations et interdictions mentionnées au point 1.
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la note des services de renseignement, suffisamment précise et circonstanciée produite en défense et versée au débat contradictoire, que M. B... a tenu à plusieurs reprises des propos menaçants sur les réseaux sociaux, sur lesquels, dès le mois de février 2019, il a proféré des commentaires menaçants à l’encontre d’un humoriste par la publication d’émoticônes « soon », « couteau » et « bientôt ». Il a ensuite, dans le courant de l’année 2020, diffusé des extraits d’un ouvrage sur l’Etat islamique (EI) et tenu des propos louant les mérites de cette organisation terroriste en tant qu’elle était favorable à l’application de la charia aux civils comme à ses propres membres, publié un extrait de la sourate 59 du Coran ainsi qu’un commentaire renvoyant directement à des chants religieux diffusés par l’EI destiné à galvaniser les velléités djihadistes ou des messages appelant indirectement au djihad. D’autres commentaires publiés en mai et juin 2020 témoignent de son intérêt et de son attrait pour le djihad et les armes, celles-ci faisant partie, selon ses écrits, de sa religion, de sa culture et de son identité. Une visite à son domicile, autorisée par le juge des libertés et de la détention le 25 novembre 2022, a permis la saisie de plusieurs documents numériques de propagande, une carte du monde comportant un drapeau de l’EI sur chaque continent et portant l’inscription en arabe « Ils le [le châtiment] voient bien loin alors que nous le voyons proche », ainsi qu’une photographie portant la mention « Se désinfecter des mécréants » et une vidéo montrant le requérant portant un turban et tirant avec un fusil de chasse en criant « Allah Akbar ». Si l’intéressé soutient avoir conservé ces documents à titre d’archivage, il n’apporte aucun élément permettant de remettre sérieusement en cause les faits tels qu’ils ressortent de la note des services de renseignement sur laquelle s’est fondé le ministre de l’intérieur. Il a en outre été relevé que M. B... a consulté, notamment fin décembre 2021, de la propagande en lien avec l’EI et entretenait, par le biais des réseaux sociaux, des relations habituelles avec deux individus pro-djihadistes acquis aux thèses radicales de l’islam. Dans ces conditions, compte tenu de ces éléments qui sont suffisants et suffisamment récents pour conclure à une radicalisation du requérant, le ministre de l’intérieur a pu légalement considérer qu’il existe des raisons sérieuses de penser que le comportement de M. B... constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics et qu’il entretient des relations habituelles avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, alors même qu’il n’a fait l’objet d’aucune condamnation pour des faits en rapport avec une entreprise terroriste et que les visites effectuées à son domicile les 25 mai 2022 et 14 mai 2024 ont conclu à une absence d’éléments susceptibles de constituer une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics. C’est dès lors à bon droit que le ministre de l’intérieur a pu renouveler pour une durée de trois mois la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance prise à l’encontre de M. B... le 14 mai 2024. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 228-1 du code de la sécurité intérieur doit être écarté.
10. Aux termes de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article 2 du protocole additionnel n° 4 à cette convention : « 1. Quiconque se trouve régulièrement sur le territoire d'un État a le droit d'y circuler librement et d'y choisir librement sa résidence. / 2. Toute personne est libre de quitter n'importe quel pays, y compris le sien. / 3. L'exercice de ces droits ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au maintien de l'ordre public, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. / 4. Les droits reconnus au paragraphe 1er peuvent également, dans certaines zones déterminées, faire l'objet de restrictions qui, prévues par la loi, sont justifiées par l'intérêt public dans une société démocratique ».
11. M. B... soutient que la mesure porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d’aller et venir et au droit au respect de sa vie privée et familiale en faisant valoir qu’il doit conclure son stage à Perpignan, passer ses examens et préparer sa rentrée universitaire et que la mesure contestée l’empêche de mener une vie privée normale. Toutefois, il résulte de l’article 3 de l'arrêté attaqué que le requérant peut être autorisé à se déplacer en dehors du périmètre du territoire communal s’il a obtenu préalablement une autorisation écrite (sauf-conduit). Il ressort à cet égard des pièces versées à l’instance par le ministre de l’intérieur que le requérant a sollicité et obtenu plusieurs sauf-conduits en juin 2024 pour pouvoir participer à ses examens universitaires, en juillet 2024 pour effectuer une formation au centre hospitalier universitaire de Montpellier, en juillet et août 2024 pour réaliser son stage en pharmacie à Perpignan et en août 2024 pour ses examens de validation de son stage. Le requérant ne soutient pas qu’il aurait été empêché d’obtenir un aménagement de ses obligations, par une modification des modalités de la mesure prise à son encontre. Il ne démontre pas davantage que la mesure prise à son encontre ferait obstacle à ce qu’il rende visite à ses proches et à sa famille. Ainsi, compte tenu du contexte de menace terroriste élevée lié notamment aux événements du Proche-Orient ainsi qu’au déroulement des Jeux olympiques et paralympiques en France, la mesure contestée ne peut être regardée dans son principe comme caractérisant une mesure disproportionnée au regard des buts poursuivis par le ministre, ni comme méconnaissant l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ou la liberté d’aller et venir alors même qu’elle va au-delà du terme des Jeux olympiques et paralympiques.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
13. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’Etat, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à verser au requérant la somme qu’il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales, au préfet de l’Hérault, au procureur de la République de Perpignan et au procureur de la République de Montpellier.
Délibéré à l’issue de l’audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Mathieu Lauranson, premier conseiller,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
J. Charvin
La greffière,
A.-L. Edwige
L’assesseur le plus ancien,
M. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 5 septembre 2024
La greffière,
A.-L. Edwige