mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405071 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par la SELARL Lysis Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet du maire de Brugairolles en date du 7 août 2024 ;
2°) d'enjoindre au maire de Brugairolles d'autoriser un raccordement pérenne au réseau électrique de la parcelle cadastrée D 245 sise sur le territoire de la commune, dont il est propriétaire, dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 par jour de retard, passé ce délai ;
3°) de condamner la commune de Brugairolles au paiement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens, si exposés.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la décision attaquée ne revêt pas le caractère d'un refus confirmatif puisque sa demande présentée le 31 mai 2024 comporte des éléments en droit qu'il n'avait pas évoqués dans sa précédente demande du 7 décembre 2021 ;
- le refus implicite du maire d'autoriser le raccordement au réseau électrique sollicité est entaché d'erreur de droit dès lors que, si le terrain est situé en zone Ri3 du plan de prévention des risques d'inondation (PPRi) de la Haute-Vallée de l'Aude - affluents du fleuve Aude, l'article 1er du règlement applicable concernant les interdictions d'occupation du sol ne mentionne aucune interdiction de raccordement électrique pérenne sur un terrain agricole non constructible et aucune disposition du code de l'urbanisme ne permet au maire de s'opposer à ce raccordement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B, propriétaire de la parcelle cadastrée D 245 située au Moulinas route de Malvie à Brugairolles demande l'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune a implicitement rejeté sa demande, présentée le 7 juin 2024, tendant au raccordement pérenne de cette parcelle au réseau électrique.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
3. Une décision individuelle dont l'objet est le même que celui d'une décision antérieure devenue définitive revêt un caractère confirmatif dès lors que ne s'est produit entre-temps aucun changement dans les circonstances de fait ou dans la règlementation d'urbanisme. Une décision purement confirmative n'a pas pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux courant contre la première décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 24 septembre 2020, le maire de Brugairolles a rejeté la demande de raccordement de la parcelle cadastrée D 245 au réseau électrique, présentée par M. B le 26 août 2020, au motif qu'elle est située en zone Ri3 du plan de prévention des risques d'inondation (PPRi) de la Haute-Vallée de l'Aude - affluents du fleuve Aude en vigueur depuis le 27 novembre 2018, en rappelant les dispositions du règlement de la zone Ri3 et notamment son article 1er. Le 7 décembre 2021, M. B a sollicité à nouveau l'autorisation de raccordement de la parcelle au réseau électrique au motif que l'article 1er du règlement de la zone Ri3 du PPRi ne mentionne pas d'interdiction de branchement en précisant que, dans sa demande du 26 août 2020, il avait détaillé des décisions du Conseil d'Etat annulant systématiquement des refus de branchement pour des terrains non constructibles. Par courrier du 14 décembre 2021, le maire de Brugairolles a confirmé sa décision du 24 septembre 2020. Par courrier du 31 mai 2024, reçu en mairie le 7 juin 2024, le conseil de M. B a saisi le maire de Brugairolles d'une nouvelle demande de raccordement de la parcelle en indiquant que ni les dispositions de l'article L. 111-2 du code de l'urbanisme ni aucune autre disposition de ce code ne lui permettait de s'opposer au raccordement sollicité et en se référant aux jugements rendus par les tribunaux administratifs de Rennes et de Toulon, rendus respectivement les 11 octobre 2007 et 6 décembre 2022.
5. Il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier et il n'est pas allégué que M. B aurait contesté la légalité de la décision du 24 septembre 2020 portant rejet de sa demande de raccordement au réseau d'électricité de la parcelle D 245 lui appartenant, la décision du 14 décembre 2021 ayant, en outre, confirmé cette décision. En se bornant à se référer à des décisions, notamment rendues par des tribunaux administratifs en 2007 et 2022, qui ne sauraient être regardés comme des circonstances de droit nouvelles, M. B ne justifie d'aucune modification dans les circonstances de fait ou dans la réglementation d'urbanisme applicable. Dans ces conditions, la décision implicite du maire de Brugairolles portant rejet de la demande présentée par M. B le 7 juin 2024, dont l'objet est identique à ses demandes des 26 août 2020 et 7 décembre 2021, revêt un caractère purement confirmatif et n'a pas eu pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux. Par suite, la requête de M. B est tardive et donc manifestement irrecevable. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en toutes ses conclusions, par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Montpellier, le 22 octobre 2024.
La présidente de la 6ème chambre
S. ENCONTRE
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 octobre 2024
La greffière,
C. Arce
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