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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405190

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405190

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405190
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du CNAPS refusant à M. B l’autorisation préalable d’accès à la formation d’agent de sécurité privée. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés (consultation irrégulière du fichier TAJ, défaut d’habilitation de l’agent, erreur d’appréciation) n’était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Vergnolle, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 juillet 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de faire droit à sa demande d'autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle d'agent de sécurité privée ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir en attendant qu'il soit statué sur la légalité de la décision au fond ;

3°) de condamner le CNAPS à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que l'exécution de la mesure contestée l'empêche d'accéder à une formation et donc de poursuivre son métier dans la domaine de la sécurité alors même qu'il est sans emploi ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle a été prise à la suite d'une consultation irrégulière du fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ) dès lors que deux des faits qui lui sont reprochés ont fait l'objet d'un classement sans suite et que le troisième a fait l'objet d'un rappel à la loi dont l'effacement a été sollicité ; il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'agent du CNAPS ayant procédé à la consultation du fichier bénéficierait d'une quelconque habilitation régulière l'autorisant à ce faire ; elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que l'emploi pour l'exercice d'activité de surveillance et de gardiennage de personne non titulaire d'une professionnelle commis le 03 juin 2023 a donné lieu à un rappel à la loi et ne justifiait pas le refus de formation sollicitée, lequel le prive de la possibilité d'exercer un emploi alors qu'il ne dispose d'aucune autre qualification en dehors du domaine de la sécurité.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision en date du 9 juillet 2024 le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de faire droit à la demande d'autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle d'agent de sécurité privée déposée par M. B. Ce dernier demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

3. A l'appui de sa contestation de la décision du 9 juillet 2024, M. B fait valoir qu'elle a été prise à la suite d'une consultation irrégulière du fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ) dès lors que deux des faits qui lui sont reprochés ont fait l'objet d'un classement sans suite et que le troisième a fait l'objet d'un rappel à la loi dont l'effacement a été sollicité, qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'agent du CNAPS ayant procédé à la consultation du fichier bénéficierait d'une quelconque habilitation régulière l'autorisant à y procéder, et, enfin, qu'elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que l'emploi pour l'exercice d'activité de surveillance et de gardiennage de personne non titulaire d'une professionnelle commis le

3 juin 2023 a donné lieu à un rappel à la loi et ne justifiait pas le refus de formation sollicitée, lequel le prive de la possibilité d'exercer un emploi alors qu'il ne dispose d'aucune autre qualification en dehors du domaine de la sécurité. Cependant, aucun des moyens ainsi soulevés par

M. B n'est manifestement propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision du directeur du CNAPS. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence justifiant que soit suspendue l'exécution de cette décision, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par

M. B comme étant manifestement mal fondées, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précitées.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, en ce compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Montpellier, le 12 septembre 2024.

Le juge des référés,

J. Charvin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 12 septembre 2024.

La greffière,

A-L. Edwige

N°2405190

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