jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Capsié, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 10 juillet 2024 portant rejet de sa demande de renouvellement de son agrément dirigeant ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de réexaminer sa demande d'agrément dirigeant et de le mettre en possession, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, d'un récépissé de demande de renouvellement valable jusqu'à l'intervention d'une décision expresse afin de lui permettre de poursuivre régulièrement son activité professionnelle ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : l'exécution de la décision contestée l'empêche d'exercer sa profession, le privant ainsi de tout revenu, alors qu'il préside la société Action Conseil Intervention depuis le 15 mai 2006 et que cette société, qui ne pourrait plus poursuivre son activité, emploie entre 200 et 300 salariés et réalise un chiffre d'affaires de plus de 9 millions d'euros ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle est fondée sur le fait d'avoir eu recours le 14 mars 2019 aux services d'un employeur d'un étranger sans titre, or le recours à un employeur d'un étranger dans une catégorie professionnelle autre que celle mentionnée sur son titre de travail n'est constitutif d'aucune infraction pénale et ne saurait ainsi constituer une atteinte à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs, ou encore de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens pouvant remettre en cause le renouvellement de l'agrément dirigeant.
Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que l'agrément dirigeant sollicité par le requérant a été délivré par une décision du 23 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 :
- le rapport de M. Charvin,
- les observations de Me Capsié, représentant le requérant, qui persiste dans ses conclusions, par les mêmes moyens et soutient en outre que son recours n'a pas perdu son objet dès lors que la décision du directeur du CNAPS du 23 septembre 2024 porte sur la délivrance d'un agrément l'autorisant à diriger une agence de recherches privées.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 10 juillet 2024 portant rejet de sa demande de renouvellement de son agrément dirigeant.
2. Il résulte de l'instruction que le directeur du CNAPS a, par une décision du 23 septembre 2024, fait droit à la demande de M. A tendant à la délivrance d'un agrément dirigeant qu'il sollicitait. Si l'article 2 de cette décision mentionne que cet agrément autorise son titulaire à diriger une agence de recherches privées, il ne résulte pas de l'instruction que " l'agrément dirigeant " délivré à M. A par l'article 1er de cette décision ne permettrait pas à ce dernier de diriger la société de sécurité privée Action Conseil Intervention dont il est le président. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à la suspension de la décision portant rejet de sa demande de délivrance de cet agrément, qui doit être regardée comme ayant été abrogée par cette décision du 23 septembre 2024, et à ce qu'il soit enjoint au CNAPS de réexaminer sa demande sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CNAPS la somme demandée par M. A en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Montpellier, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. Charvin
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 septembre 2024
La greffière,
L. Salsmann
Ls
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026