mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405361 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. B C, représenté par
Me Beyer, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 juillet 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une autorisation préalable pour accéder à une formation d'agent de protection des navires en mer ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation sollicitée sous astreinte de
100 euros par jour à compter de la décision à intervenir ;
3°) de condamner le CNAPS à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que l'exécution de la mesure contestée l'empêche d'accéder à une formation et donc d'exercer un métier dans le domaine de la sécurité alors même qu'il est sans emploi et a des charges de famille et que la formation doit débuter le
23 septembre 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle a été prise par une autorité incompétente ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'aucune mention de nature pénale n'est inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire et que l'ensemble des faits mentionnés au fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ) n'ont fait l'objet d'aucune condamnation pénale dans la mesure où les faits de non représentation d'enfant et de conduite sans assurances ne sont pas établis et que les faits d'escroquerie commis en 2019 ont fait l'objet d'un simple rappel à la loi.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision en date du 12 juillet 2024 le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de faire droit à la demande d'autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle d'agent de protection des navires en mer déposée par M. C. Ce dernier demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".
3. A l'appui de sa contestation de la décision du 12 juillet 2024, M. C fait valoir, d'une part, qu'elle a été prise par une autorité incompétente et, d'autre part, qu'elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'aucune mention de nature pénale n'est inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire et que l'ensemble des faits mentionnés au fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ) n'ont fait l'objet d'aucune condamnation pénale dans la mesure où les faits de non représentation d'enfant et de conduite sans assurances ne sont pas établis et que les faits d'escroquerie commis en 2019 ont fait l'objet d'un simple rappel à la loi. Cependant, et dès lors notamment qu'il résulte de l'instruction que M. A, signataire de la décision contestée, disposait d'une délégation de signature du directeur du CNAPS par arrêté en date du 4 juin 2024, librement accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet du CNAPS, aucun des moyens ainsi soulevés par M. C n'est manifestement propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision du directeur du CNAPS. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence justifiant que soit suspendue l'exécution de cette décision, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. C comme étant manifestement mal fondées, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précitées.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C, en ce compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Copie en sera adressée au CNAPS.
Fait à Montpellier, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. Charvin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024.
La greffière,
A-L. Edwige
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