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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405398

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405398

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405398
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête en référé suspension de Mme A, assistante familiale, contestant la restriction de son agrément de trois à deux places d'accueil par le conseil départemental de l'Aude. La requérante invoquait l'urgence liée à une diminution de salaire et des charges fixes importantes. Le juge a estimé que la baisse de rémunération, portant le salaire à environ 4 500 euros, ne constituait pas une atteinte suffisamment grave et immédiate pour caractériser l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, la demande a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision de la présidente du conseil départemental de l'Aude en date du 18 juillet 2024 portant restriction de son agrément d'assistante familiale à deux places d'accueil ;

2°) d'enjoindre au conseil départemental de l'Aude de procéder au renouvellement de son agrément d'assistante familiale sous 15 jours à compter du jugement à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L.911-1 et suivants du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Aude la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- sur l'urgence : l'exécution de la décision contestée entraîne une diminution de son salaire dès lors qu'elle disposait d'un agrément pour trois accueils permanents et doit faire face avec son mari à des charges fixes importantes ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : elle a été prise par une autorité incompétente ; elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ; elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit dès lors que le motif fondant la restriction d'agrément n'est pas justifié.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande au juge des référés de suspendre la décision de la présidente du conseil départemental de l'Aude en date du 18 juillet 2024 portant restriction de son agrément d'assistante familiale à deux places d'accueil.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour regarder la condition d'urgence comme étant établie, la requérante fait valoir que la décision du 18 juillet 2024 entraîne une diminution de son salaire dès lors qu'elle disposait d'un agrément pour trois accueils permanents et doit faire face avec son mari à des charges fixes importantes. Toutefois, les éléments produits et dont fait ainsi état la requérante ne permettent pas d'établir que la décision attaquée, qui entraîne une diminution de sa rémunération, laquelle est désormais d'un montant d'environ 4 500 euros, telle que cela résulte de son bulletin de paye d'août 2024, préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation, particulièrement à sa situation financière, et les effets de cette décision ne caractérisent pas, dès lors, une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision que la requérante conteste soit suspendue. Par suite, la condition d'urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'acte contesté, que les conclusions de la requête présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au conseil départemental de l'Aude.

Fait à Montpellier, le 24 septembre 2024.

Le juge des référés,

J. Charvin

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024.

La greffière,

A-L. Edwige

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