mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405401 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | LAURENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 23 septembre 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français en fixant le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge du préfet du Var la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un examen sérieux et d'une erreur d'appréciation des faits, le préfet ayant considéré qu'il n'était pas le père de son fils en se fondant sur la présomption de paternité de l'époux au titre de l'article 312 du code civil alors qu'il a reconnu son enfant et qu'il relève de l'article 313 du code civil et il contribue à l'entretien de son fils depuis sa naissance ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la motivation est stéréotypée ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle contrevient à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son fils ;
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il justifie de garanties de représentation et n'a pas l'intention de faire obstacle à son éloignement.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et de défaut d'examen sérieux et de disproportion et méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 24 septembre 2024 le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il expose que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Crampe dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bachtli, représentant M. A, présent et assisté de M. C, interprète.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 30 mai 1999, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet du Var a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai et en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par une ordonnance du 22 septembre 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance de Montpellier a décidé le maintien de M. A dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de vingt-six jours.
Sur les conclusions en annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. A est père d'un enfant français né le 23 août 2024, qu'il a reconnu le 29 août 2024. Pour édicter l'obligation de quitter le territoire français, le préfet du Var a considéré que la mère de l'enfant étant toujours mariée à un tiers, la présomption de paternité issue de l'article 312 du code civil aux termes duquel " L'enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari " devait s'appliquer. Toutefois, cette présomption cède " lorsque l'acte de naissance de l'enfant ne désigne pas le mari en qualité de père " en vertu de l'article 313 du même code et en l'espèce, l'acte de naissance désigne M. A comme père de l'enfant Kacym.
3. D'autre part si le préfet a considéré qu'en tout état de cause le requérant ne justifiait pas contribuer à l'entretien de l'enfant, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui justifie avoir été impliqué durant la grossesse, a procédé à des achats de première nécessité et d'équipements utiles au nourrisson. C'est par une appréciation erronée des faits de l'espèce que le préfet du Var a écarté tant la paternité d'enfant français que la contribution du requérant à l'entretien de l'enfant.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français en fixant le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " ; Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ". Et aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
6. Il y a lieu, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'enjoindre au préfet du Var de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. A, dans un délai de huit jours.
Sur les frais engagés et non compris dans les dépens :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet du Var a obligé M. A à quitter le territoire français en fixant le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de statuer à nouveau sur le cas de M. A et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La magistrate désignée,
S. Crampe
La greffière
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026