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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405478

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405478

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405478
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBENSOUSSAN ARNAULT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande du GAEC de Le Serpolet visant à suspendre un arrêté préfectoral du 25 juillet 2024 suspendant ses activités d'élevage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte et l'erreur manifeste d'appréciation, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, le " GAEC agréé de Le Serpolet ", représenté par Me Bensoussan, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté préfectoral n° DDPP/SPAE/2024 204-001 du 25 juillet 2024 portant suspension d'activité des élevages canin, félin et équin de l'exploitation " GAEC agréé de Le Serpolet " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée par l'atteinte grave portée à son activité dont la suspension a été décidée à effet immédiat, sans limitation de durée, et sans lui laisser aucune la possibilité de régulariser sa situation dans un délai raisonnable, alors qu'elle n'a repris l'exploitation qu'en 2022 et a déjà engagé des dépenses importantes notamment pour remettre en état et aux normes le gîte, la propriété agricole et les clôtures, de sorte que supportant toujours ses charges, la décision en litige, qui ne laisse pas de possibilité de réouverture avant plusieurs mois alors qu'elle ne se fonde que sur des non-conformités qui ne font pas peser de risque pour la santé des animaux d'élevage, met en péril son exploitation ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige qui est entachée :

. d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte,

. d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que ne sont pas des atteintes au bien-être animal qui sont reprochées, mais uniquement des non-conformités, simples manquements administratifs, alors que ceux constatés dans premier rapport d'inspection du 24 février 2024 avait ensuite été réglés et ceux qui restent reprochés dans le cadre du litige, au demeurant sur la base d'un rapport établi sur le fondement d'un référentiel périmé, sont en cours de résolution.

Par un mémoire enregistré le 14 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas établie, le GAEC, représenté par Mme Capitaine, ne peut se prévaloir d'une situation d'urgence, laquelle est imputable à ses propres manquements qui ont persisté à l'issue du premier contrôle du 19 février 2024, en outre la fermeture n'est pas sans limitation de durée dès lors qu'il suffit de pallier les non-conformités qui demeurent, constatées à l'issue du second contrôle en date du 19 juillet suivant, enfin, Mme Capitaine n'établit pas les risques économiques dont elle se prévaut, l'activité de gîte rural " Ranch Le Serpolet " se poursuivant ;

- aucun des moyens avancés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

. le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur manque en fait,

. l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas établie, les non-conformités relevées, qui portent atteintes au bien-être animal, se fondent régulièrement sur les textes applicables du code rural et de la pêche maritime.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 octobre 2024 :

- le rapport de M. Souteyrand, juge des référés ;

- et les observations de M. B et Mme C pour le préfet des Pyrénées-Orientales.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce que suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

2. En l'état, aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

3. Il y a donc lieu de rejeter la requête du " GAEC agréé de Le Serpolet ".

DECIDE :

Article 1er : La requête " GAEC agréé de Le Serpolet " est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée au " GAEC agréé de Le Serpolet " et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Le juge des référés,

E. Souteyrand

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 octobre 2024.

La greffière,

M. A

N°2405478

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