jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAWSON- BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. E C, représenté par Me Lawson-Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou à défaut de réexaminer sa situation, l'ensemble dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
*en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
*la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination ;
*la décision portant assignation à résidence :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation en l'assignant à résidence dans les Pyrénées-Orientales alors qu'il est hébergé par son père à Saint-Etienne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 20 novembre 1996 et de nationalité albanaise, déclare être entré sur le territoire français en 2012 alors âgé de 15 ans, en accompagnant ses parents et une sœur. Par un arrêté du 26 août 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 23 avril 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à M. D B, directeur de la citoyenneté et de la migration, à l'effet de signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chaque décision prononcée, et précise la situation administrative et le parcours du requérant. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. M. C indique être présent sur le territoire français depuis 2012, que toute sa famille est présente sur le territoire français et qu'il a disposé d'un titre de séjour valable entre le 24 avril 2018 et le 24 avril 2019, puis de récépissés valables du 20 mai 2019 au 20 mai 2020, puis d'un titre de séjour du 20 février 2020 au 20 février 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas sollicité le renouvellement de ce dernier titre de séjour et est ainsi en situation irrégulière à la date de la décision en litige. Par ailleurs, les pièces produites par l'intéressé n'établissent qu'une présence ponctuelle sur le territoire français entre 2012 et 2018, puis depuis 2021. Ensuite, à l'exception d'une sœur, les autres membres de sa famille, à savoir ses parents et une autre sœur, font tous l'objet d'une mesure d'éloignement. Enfin, M. C est célibataire et sans charge de famille et a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 7 juillet 2016. Dans ces conditions, et malgré une volonté d'intégration professionnelle, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée. Il n'a dès lors pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, l'intéressé ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'arrêté en litige ne lui refuse pas un titre de séjour.
8. En cinquième lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et la décision portant assignation à résidence seraient privées de base légale doivent être écartés.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C est hébergé par ses parents à Saint-Etienne et que l'intéressé, contrôlé dans l'enceinte de la gare ferroviaire de Perpignan, n'était que de passage dans le département des Pyrénées-Orientales. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet des Pyrénées-Orientales a fait une inexacte application de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en assignant à résidence le requérant pour une durée d'un an dans la commune de Perpignan, doit être accueilli.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à obtenir l'annulation de l'arrêté du 26 août 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales en tant qu'il l'assigne à résidence pour une durée d'un an à Perpignan.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'annulation de la décision portant assignation à résidence prononcée par le jugement n'implique pas que le préfet délivre un titre de séjour à M. C ou qu'il réexamine sa situation. Par suite, les conclusions à fin d'injonction assorties d'une astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant assignation à résidence prononcé par l'arrêté du 26 août 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales à l'encontre de M. C est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. E C et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 28 novembre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026