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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405589

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405589

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405589
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier rejette la requête en référé suspension de M. A, qui contestait la décision du préfet de l'Hérault du 20 septembre 2024 accordant le concours de la force publique pour son expulsion. Le juge estime qu'aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, violation des articles 6 et 13 de la Convention européenne des droits de l'homme, droit au recours) n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La demande est rejetée comme manifestement mal fondée, sans examen de l'urgence, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 20 septembre 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault a accordé le concours de la force publique aux fins d'exécution du jugement du tribunal judiciaire de l'expulser de son logement situé 36 rue de Gascogne à Montpellier.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée en raison de l'imminence de la mise en œuvre de cette mesure ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle est insuffisamment motivée, en violation des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; le préfet a méconnu les dispositions de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il ne lui a pas été donné la possibilité de présenter une quelconque défense ; elle ne fait pas état d'un droit à recours et porte ainsi atteinte au droit au recours garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par ordonnance du 7 février 2024, le juge des contentieux de la protection de Montpellier a ordonné l'expulsion de M. A et de Mme C du logement qu'ils occupent situé 36 rue de Gascogne à Montpellier. Saisi d'une demande de concours de la force publique, le préfet de l'Hérault a, par décision du 20 septembre 2024, accordé le concours de la force publique. Par la présente requête en référé, M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

3. Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d'octroi de la force publique, il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonné n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. A l'appui de ses conclusions aux fins de suspension de la décision du 20 septembre 2024, M. A soutient qu'elle est insuffisamment motivée, en violation des dispositions des articles

L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, que le préfet a méconnu les dispositions de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la possibilité de présenter une quelconque défense ne lui a pas été donnée, et, enfin, qu'elle ne fait pas état d'un droit à recours et porte ainsi atteinte au droit au recours garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Cependant, aucun des moyens ainsi invoqués n'est manifestement propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 20 septembre 2024. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence justifiant que soit suspendue l'exécution de cette décision, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentée par M. A comme étant manifestement mal fondées, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précitées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 1er octobre 2024.

Le juge des référés,

J. Charvin

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er octobre 2024

La greffière,

A-L. Edwige

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