jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, complétée par des pièces le 8 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Berry, demande au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français sous un mois en fixant le pays de destination ;
2°)d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui accorder le renouvellement de sa carte de séjour " étudiant " ; à défaut d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " circonstances exceptionnelles " ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, lesquels seront distraits au profit de son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, compte tenu du dépôt le 16 juillet 2024 d'une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ;
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel de sa situation ;
- en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour au regard de sa vie privée et familiale, le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en ne la régularisant pas en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;
- en ne prenant pas en compte la réalité de sa vie privée et familiale sur le territoire, le préfet a entaché son obligation de quitter le territoire français d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant, en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 octobre 2024, Mme B a obtenu l'aide juridictionnelle totale.
Les parties ont été informées le 6 novembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale de l'arrêté attaqué, l'article 7 de l'accord franco-camerounais devant se substituer à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-camerounaise ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- et les observations de Me Berry, représentant Mme B.
Une note en délibéré, enregistrée le 15 novembre 2024, a été présentée pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 5 janvier 1995, est entrée régulièrement en France le 17 septembre 2020 sous couvert d'un visa D mention " étudiant ". Elle a obtenu des titres de séjour successifs en cette qualité et en a sollicité le renouvellement le 24 janvier 2024. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de faire droit à sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai d'un mois à destination de son pays d'origine.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Il ressort des termes de son arrêté que le préfet a examiné la possibilité de délivrer à la requérante un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B réside régulièrement en France depuis septembre 2020, en qualité d'étudiante, et que l'interruption, entre décembre 2023 et la décision contestée, de son cursus, réalisé en apprentissage à partir de septembre 2022 et d'ailleurs repris postérieurement à l'arrêté préfectoral, est justifiée par la naissance de son enfant en décembre 2023 et des problèmes de santé qu'il a rencontrés, l'ensemble des pièces produites justifiant par ailleurs de son implication et des résultats obtenus. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle vit maritalement avec le père de son enfant, qui réside régulièrement en France depuis plusieurs années et est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de salarié, valable jusqu'en 2027 et exerce effectivement une activité professionnelle d'ingénieur conseil à la date de la décision contestée. Dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme B doit ainsi être regardée comme ayant établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Dans ces conditions, et même si son compagnon est de même nationalité, qu'il s'est inscrit à France Travail à l'issue d'un contrat de deux ans postérieurement à l'arrêté attaqué et qu'elle n'est pas isolée dans son pays d'origine, le préfet de l'Hérault a, en refusant de lui délivrer un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs du refus. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être accueilli.
4. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du préfet de l'Hérault du 27 juin 2024 doit être annulé en tant qu'il porte refus de titre de séjour ainsi que par voie de conséquence en tant qu'il fait obligation à Mme B de quitter le territoire français à destination de son pays d'origine.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement, eu égard à son motif et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas opposé en défense qu'un autre motif de droit ou de fait s'y opposerait, que le préfet de l'Hérault délivre à Mme B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et la munisse dans cette attente, dans un délai de huit jours, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'y procéder.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Hérault du 27 juin 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à Mme B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir dans cette attente, dans un délai de huit jours, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au préfet de l'Hérault et à Me Berry.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 novembre 2024.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026