vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, M. F, représenté par Me Serrano, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de quatre ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre des frais du litige.
Il soutient que :
Sur la décision d'éloignement :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence faute de délégation de signature régulière ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu du fait de la violation du droit d'être entendu ;
- il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de le réadmettre au Portugal ;
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le préfet a commis une erreur d'appréciation de sa situation car il a des garanties de représentation et ne souhaite pas s'installer en France dans la mesure où il vit au Portugal ;
Sur la décision d'interdiction de retour et l'inscription dans le système d'information Schengen :
- elle est irrégulière par voie de conséquence de l'irrégularité entachant la décision d'éloignement ;
- elle est d'une durée disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de l'Hérault le 2 octobre 2024 qui a communiqué des pièces le 2 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lesimple, première conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Madame Lesimple, magistrate désignée ;
- les observations de Me Serrano, représentant M. D ;
- et les observations de M. D, assisté de M. B, interprète.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 28 septembre 2024 le préfet de l'Hérault a pris à l'encontre de M. D, ressortissant marocain né en 1992, un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être reconduit d'office et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la présente requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision d'éloignement :
4. A titre liminaire, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Hérault, par M. E C. Par un arrêté du 7 juin 2024, régulièrement publié le 14 juin 2024 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. E C, sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de l'Hérault, secrétaire général adjoint, aux fins de signer notamment les décisions d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
6. En deuxième lieu, le préfet a exposé les circonstances de droit et de faits qui fondent sa décision prise au regard des dispositions citées au point 4 du présent jugement. Contrairement à ce que fait valoir l'intéressé, le préfet a relevé qu'il avait déclaré vivre au Portugal, mais il a également souligné qu'il n'établissait pas l'existence d'un séjour régulier. Par ailleurs la seule mention selon laquelle M. D n'a pas d'enfant à charge ne permet pas de conclure que le préfet n'aurait pas tenu compte de sa qualité de parent d'enfant français alors au demeurant que le requérant ne justifie pas participer à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1° Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2° Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; - le droit d'accès de toute personne au dossier qui la concerne, dans le respect des intérêts légitimes de la confidentialité et du secret professionnel et des affaires ; - l'obligation pour l'administration de motiver ses décisions () ".
8. Le droit d'être entendu, qui relève des droits de la défense figurant au nombre des principes généraux du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision d'éloignement, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. En outre, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de M. D établi le 28 septembre 2024 par un officier de police judiciaire, que l'intéressé a bénéficié d'un entretien au cours duquel il a pu présenter des observations sur sa situation personnelle, familiale, professionnelle ainsi que sur les conditions de son entrée et de son séjour en France. L'intéressé a notamment été invité à présenter des observations sur la possibilité que soit prise à son encontre une décision d'éloignement. Si le requérant fait valoir qu'il n'est pas certain que ses propos aient bien été retranscrits, il ne conteste pas le procès-verbal versé aux débats. Enfin, si l'intéressé fait valoir que le préfet n'a pas tenu compte de ses observations relatives à son séjour au Portugal et aux conditions de sa venue en France, pour visiter sa fille de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que M. D, bien qu'ayant vraisemblablement déposé une demande de titre de séjour au Portugal n'établit pas qu'il y bénéficie d'un droit au séjour et, à supposer qu'il soit venue visiter sa fille en France, il n'établit pas que cette seule circonstance aurait pu avoir une influence sur le sens de la décision rendue faute d'élément quant à son investissement dans l'entretien et l'éducation de cette dernière. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
11. Bien que le préfet se soit fondé sur les seules dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prononcer son éloignement, il a néanmoins souligné que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public. Si le requérant fait valoir que son incarcération, le 17 juin 2022 pour une durée de six mois constitue un fait isolé, il ne conteste pas les faits relevés dans un précédent arrêté d'éloignement pris à son encontre le 23 septembre 2022 mentionnant une condamnation, le 17 septembre 2015 à 15 jours d'emprisonnement avec sursis pour " voyage habituel dans une voiture de transport en commun sans titre de transport valable ", une condamnation le 8 novembre 2018 à 6 mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve de deux ans pour " violence aggravée par deux circonstances suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours " et une condamnation le 9 août 2019 à trois mois d'emprisonnement pour " violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité en récidive ". Dans ces conditions, et en tout état de cause, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation de sa situation en estimant que son comportement constituait un trouble à l'ordre public.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre Etat prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre Etat, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'Etat. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application des articles L. 621-1 et suivants, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre de l'Union européenne ou titulaire d'une carte bleue européenne délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.
13. Si M. D a fait état de sa volonté de rejoindre le Portugal il ne justifie pas, contrairement à ce qu'il fait valoir, d'un droit au séjour dans cet Etat alors au demeurant qu'il a fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français par arrêté du 23 septembre 2022 et que celle-ci lui interdit le retour dans l'espace Schengen pour une durée de trois ans depuis l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Dans ces conditions et alors que le requérant n'établit pas par ailleurs relever d'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu prendre à son encontre une décision d'éloignement.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision d'éloignement prise à son encontre doivent être rejetées.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
16. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions combinées de l'article L. 612-2 3° et du 1°, 4° et 8° de l'article L. 612-3. D'une part, si M. D dispose effectivement de son passeport marocain, il ne fait pas état d'une résidence stable en France et les éléments quant à son insertion au Portugal ne permettent pas, en tout état de cause, de constater l'existence d'un séjour stable et régulier. D'autre part, si le requérant ne s'oppose pas à son éloignement du territoire national, ses déclarations quant à sa volonté de retourner au Portugal permettent de considérer qu'il refuse d'exécuter l'obligation de quitter le territoire français qui implique, en vertu de l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de rejoindre le pays dont il a la nationalité, autre, notamment qu'un Etat membre de l'Union européenne. Enfin, la seule circonstance qu'il ne se soit pas soustrait à une précédente mesure d'éloignement ne permet pas de conclure à l'irrégularité de la décision qui ne se fonde pas sur cette circonstance prévue par le 5° de l'article L. 612-3 ci-dessus cité. En tout état de cause, il n'est pas contesté que M. D est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, de sorte que les conditions prévues par le 1° de l'article L. 612-3 précité sont remplies. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation de sa situation que le préfet a pu refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'établit pas l'irrégularité de la décision d'éloignement prise à son encontre. Dès lors, il ne peut s'en prévaloir pour soutenir l'irrégularité, par voie de conséquence, de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. Si M. A soutient que l'interdiction de retour d'une durée de quatre ans aura pour effet de l'empêcher de visiter sa fille de nationalité française, il ne justifie pas entretenir des liens avec cette dernière. Par ailleurs, M. D a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le 23 septembre 2022 sans avoir respecté la mesure d'interdiction de retour de trois ans qui l'accompagnait. En outre, s'il fait état d'une volonté d'intégration au Portugal il ne justifie pas d'un séjour régulier et son dernier séjour sur le territoire français a été de très courte durée. Dans ces conditions, et au regard par ailleurs des éléments développés au point 11 du présent jugement c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a pu édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision d'interdiction de retour prise à son encontre doivent être rejetées.
22. En conclusion, M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 28 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de quatre ans et fixant le pays de destination. Le rejet des conclusions à fin d'annulation du requérant implique, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. D est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. F, au préfet de l'Hérault et à Me Serrano.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La magistrate désignée,
A. Lesimple
La greffière,
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 4 octobre 2024.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026