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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405632

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405632

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405632
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBâti-juris

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 12 septembre 2024 obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai avec une interdiction de retour de deux ans. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le recours en annulation de l'arrêté, déposé parallèlement, était suspensif et devait être examiné lors d'une audience prochaine. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. B A, représenté par

Me Chabanne, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire sans délai et lui a interdit tout retour durant deux ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'il transite dans l'espace Schengen régulièrement, notamment pour affaires et que la décision en litige va y faire obstacle ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué dès lors qu'il est :

. pris par une autorité incompétente,

. insuffisamment motivé,

. entaché d'une erreur de droit ,

. entaché d'une violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales,

. entaché d'une violation de la liberté d'aller et de venir protégée par l'article 2 du Protocole 4 de la Convention européenne des droits de l'Homme,

. entaché d'une erreur manifeste d'appréciation,

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une requête enregistrée sous le n° 2405631, M. A a demandé, en application de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation de l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire sans délai et lui a interdit tout retour durant deux ans, arrêté dont il entend, par la présente requête, demander au juge des référés la suspension de l'exécution. Or, la requête n° 2405631 va être inscrite à une audience du 18 novembre 2024 du Tribunal et ce recours est suspensif de l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, M. A n'établit pas l'urgence pour le juge des référés à statuer.

3. Il y a donc lieu de rejeter, par ordonnance, la requête de M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et préfet des Pyrénées-Orientales.

Fait à Montpellier, le 1er octobre 2024.

Le juge des référés,

E. Souteyrand

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er octobre 2024.

La greffière,

M. C

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