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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405656

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405656

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405656
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A, brigadier-chef de police, qui demandait la suspension de la décision implicite du ministère de l'intérieur refusant de rétribuer ses heures ARTT depuis novembre 2023. Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, le requérant se bornant à évoquer une perte d'heures sans démontrer un préjudice actuel et suffisamment grave. En conséquence, la demande de suspension, ainsi que les conclusions accessoires aux fins d'injonction et de frais d'instance, ont été rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, M. B A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite du ministère de l'intérieur rejetant sa demande reçue le 30 mai 2024 de rétribuer ses heures ARTT depuis le 1er novembre 2023 ;

2°) d'enjoindre à ce ministère de régulariser sa situation, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car il subit une perte de salaire, sont dues depuis novembre 2023, 30,16 heures ARTT annuelles ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rabaté, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, brigadier-chef de police, demande la suspension de la décision implicite du ministère de l'intérieur rejetant sa demande reçue le 30 mai 2024 de rétribuer ses heures ARTT depuis le 1er novembre 2023.

2. En vertu de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Pour justifier de l'urgence, M. A se borne à fait valoir qu'il perd 30,16 heures ARTT par an depuis le 1er novembre 2023, sans même chiffrer son préjudice de perte de revenu. Par suite, le requérant ne démontre pas l'existence d'un préjudice actuel et suffisamment grave justifiant qu'une mesure de suspension soit prise.

4. Il résulte de ce qui précède, qu'en l'absence d'urgence, il y a lieu de rejeter, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions de la requête à fin de suspension, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte et celles relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Montpellier, le 4 octobre 2024.

Le juge des référés,

V. Rabaté

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 4 octobre 2024,

La greffière,

B. Flaesch

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