vendredi 10 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | EZZAITAB |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 2 octobre et 14 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Ezzaitab, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 du préfet du Gard qui l'oblige à quitter le territoire français sans délai, et fixe le pays de renvoi, et une interdiction de circulation de 3 ans;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, un délai de recours d'un mois lui étant indiqué ;
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le préfet méconnait les articles L. 234-1 et L. 251-2 du CESEDA ;
- l'interdiction de circulation est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire illégale.
Par ordonnance du 9 octobre 2024 le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis à ce tribunal le dossier de la requête de M. B.
Par mémoire, enregistré le 19 novembre 2024, le préfet du Gard conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C et les observations de Me Ezzaitab pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant hongrois né le 9 décembre 1997, demande d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 du préfet du Gard qui l'oblige à quitter le territoire français sans délai à compter de sa levée d'écrou, et fixe le pays de renvoi, et une interdiction de circulation de 3 ans.
Sur l'obligation de quitter le territoire
2. En vertu de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes..2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ".
3. L'obligation de quitter le territoire, après avoir visé les textes applicables, indique " M. B a fait l'objet d'un jugement du tribunal correctionnel de Nîmes le 1er octobre 2024 pour usage illicite, détention non autorisée et offre ou cession non autorisée de stupéfiants ayant entrainé son incarcération le 26 septembre 2024. Il entre dans le champ d'application de l'article L. 251-1 2° du CESEDA, eu égard à la nature des faits commis, du risque de récidive il y a urgence à éloigner sans délai M. B du territoire français " Elle énonce ainsi les considérations de fait et de droit qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision soit entachée de défaut réel et complet de la situation de l'étranger.
5. En vertu de l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 ". En vertu de cet article L. 234-1 : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français./Les ressortissants de pays tiers, membres de famille, acquièrent également un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français à condition qu'ils aient résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédentes avec le citoyen de l'Union européenne mentionné au premier alinéa. Une carte de séjour d'une durée de validité de dix ans renouvelable de plein droit leur est délivrée ". En vertu de l'article L. 233-1 du code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :
1° Ils exercent une activité professionnelle en France ;
2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ..; 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ".
6. Les pièces produites par l'intéressé, dont des fiches de salaire pour la période de 2019 à avril 2023, ne démontrent pas qu'il a résidé de manière légale et ininterrompue en France à partir de mai 2023 et ces cinq dernières années. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les articles cités au point précédent.
7. Si l'intéressé réside en France avec ses parents, y étant scolarisé de 2008 à 2014, son père étant naturalisé français, et s'il y a travaillé, il ne démontre pas de séjour continu dans ce pays, il est célibataire sans enfant, et n'est pas isolé en Hongrie, dont il connait la langue. M. B, libéré le 1er octobre 2024, a été condamné le 1er octobre 2024 par le tribunal correctionnel de Nîmes pour offre, détention, cession et usage illicites de stupéfiants commis en septembre 2024 à Nîmes à trois ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis probatoire, et à trois ans d'interdiction de séjour dans le Gard. Par suite, le préfet n'a pas méconnu l'article L. 251-1 cité au point 2 et n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Sur l'interdiction de circulation :
8. Il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet.
9. L'interdiction de circulation énonce les considérations de fait et de droit qui la fondent. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige doivent aussi être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2025.
Le rapporteur,
V. CL'assesseur le plus ancien,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 janvier 2025.
La greffière,
B. Flaesch sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026