mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405801 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, M. et Mme C et D A B demandent au tribunal d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de leur proposer un logement de type T4 accessible répondant à leurs besoins et capacités.
Ils soutiennent qu'ils n'ont reçu aucune proposition de logement à la suite à la décision de la commission de médiation des Pyrénées-Orientales du 12 avril 2024 les ayant reconnus prioritaires et devant être relogés d'urgence.
Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. A B, qui a déjà bénéficié d'une priorisation au titre du droit au logement opposable, avait été radié du dispositif pour refus d'une proposition sans motif impérieux ;
- ses services ont relancé les bailleurs sociaux pour qu'une propositions soit faite aux requérants dans les meilleurs délais.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été averties que la clôture d'instruction était fixée au 18 novembre 2024 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 modifié du code de la construction et de l'habitation : " I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () Le président du tribunal administratif (), lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif () peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction. () ".
2. Les dispositions citées au point 1 fixent une obligation de résultat pour l'Etat, désigné comme garant du droit au logement opposable reconnu par le législateur. Elles font obligation au juge d'adresser au préfet l'injonction qu'elles prévoient, dès lors qu'il constate que la demande de l'intéressé a été reconnue prioritaire et que ne lui a pas été proposé un logement tel que défini par la commission, à l'expiration du délai imparti au préfet pour procéder à ce relogement.
3. Par une décision du 12 avril 2024, la commission de médiation des Pyrénées-Orientales a désigné M. A B comme prioritaire et devant être logé d'urgence dans un logement de type T4 répondant à ses besoins et capacités.
4. M. et Mme A B, qui vivent avec leurs deux enfants, dont un en situation de handicap, dans un logement non-adapté au handicap de leur enfant, n'ont reçu aucune proposition de logement à la suite de la décision de la commission de médiation du 12 avril 2024. Dans ces conditions, et alors même qu'ils ont auparavant perdu le bénéfice d'une précédente décision de la commission de médiation en raison du refus injustifié de plusieurs propositions de logement, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de leur proposer un logement conformément aux préconisations de la commission de médiation dans sa dernière décision du 12 avril 2024.
5. Il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir l'injonction adressée au préfet des Pyrénées-Orientales d'une astreinte qu'il convient, dans les circonstances de l'espèce, de fixer à un taux de 600 euros par mois de retard à compter du 1er mars 2025. Cette astreinte sera versée par l'Etat au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, en deux versements par an, le premier versement devant intervenir avant la fin du mois suivant le terme du semestre qui suit l'expiration du délai imparti par le présent jugement, et ce tant que le tribunal n'aura pas constaté que l'injonction a été exécutée ou qu'il n'y a plus lieu de la verser sous la forme d'une ordonnance de liquidation définitive établie à la demande du préfet des Pyrénées-Orientales.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Hérault d'attribuer à M. et Mme A B un logement adapté à leurs besoins et capacités, de type T4 accessible, comme préconisé par la commission de médiation dans sa décision du 12 avril 2024, sous astreinte de 600 euros par mois de retard à compter du 1er mars 2025.
Article 2 : L'astreinte sera versée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement deux fois par an, jusqu'à sa liquidation définitive, à compter de la fin du mois suivant le terme du semestre qui suit l'expiration du délai imparti par le présent jugement.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C et D A B et à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement.
Copie sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Montpellier, le 14 janvier 2025.
La présidente,
V. Quéméner
La République mande et ordonne à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 janvier 2024,
La greffière,
C. Arce
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