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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405850

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405850

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405850
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBADJI-OUALI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B C. Ce dernier demandait la suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale" par le préfet de l'Hérault. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, car le requérant bénéficiait d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 novembre 2024, lui permettant de travailler et de justifier de la régularité de son séjour. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête a été rejeté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024, M. D B C, représenté par Me Badji Ouali, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision née le 13 août 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault doit être regardé comme ayant implicitement refusé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sollicité le 25 octobre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, à défaut réexaminer sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors qu'en l'absence de renouvellement de son titre de séjour, et ne disposant que de récépissés de courte durée, qui ne sont, au surplus, pas renouvelés automatiquement, depuis le dépôt le 25 octobre 2022, il y a près de deux ans, de sa demande, ses possibilités d'emploi, et d'autonomie matérielle alors qu'il vit chez sa mère, sont très restreintes ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision implicite de refus qui est entachée :

. d'un défaut de motivation, compte tenu de sa demande de motif, en date du 9 septembre 2024, demeurée sans réponse,

. d'un vice de procédure, faute pour le préfet d'avoir préalablement saisi, pour avis, la commission du titre de séjour, alors qu'il n'est pas contesté qu'il est présent depuis plus de 10 ans sur le territoire ;

. d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions posées à l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour être admis, de plein droit, au séjour en France au titre de sa vie privée et familiale ;

. d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle,

. et d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire, enregistré le 30 octobre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas établie dès lors que le requérant s'est vu remettre un récépissé de sa demande, en date du 25 octobre 2022, de renouvellement de son titre de séjour, portant autorisation de travailler et dont le dernier renouvellement est valable jusqu'au 28 novembre 2024, et alors qu'il lui avait été demandé, le 13 mars 2024, en vain, de compléter son dossier.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;

- et les observations de Me Badji Ouali pour le requérant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. // Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du refus de renouvellement d'un titre de séjour.

3. Il ressort des pièces du dossier que, dans l'attente l'examen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sollicité le 25 octobre 2022, M. B C s'est vu remettre, par le préfet de l'Hérault, une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 28 novembre 2024, laquelle justifie de la régularité de son séjour en France, lui permet de travailler et de se déplacer dans " l'espace Schengen ". Par suite, à la date de l'introduction de la présente requête, ni au demeurant de la présente audience, M. B C n'établit pas l'urgence à statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension de cette décision.

4. Il y a donc lieu de rejeter toutes les conclusions de la requête de M. B C.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D B C et au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.

Le juge des référés, La greffière,

E. Souteyrand M. A

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 octobre 2024.

La greffière,

M. A

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