LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405855

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405855

samedi 12 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405855
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Voici le résumé de la décision : Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault. Celle-ci demandait la suspension de l'arrêté préfectoral du 11 octobre 2024 interdisant un rassemblement statique sur la place de la Comédie à Montpellier, dans le cadre d'une manifestation pro-palestinienne prévue le 12 octobre 2024. Le juge a estimé que la requête était manifestement mal fondée, considérant que l'arrêté préfectoral, dont la motivation n'était pas stéréotypée, était justifié par un risque de troubles à l'ordre public. La solution retenue concilie la liberté de manifester avec l'exigence de sauvegarde de l'ordre public, conformément aux articles L. 211-1 et L. 211-4 du code de la sécurité intérieure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête, enregistrée le 12 octobre 2024 à 11h03, la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault, représentée par son secrétaire, M. A C, demande au juge des référés du tribunal :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'arrêté du 11 octobre 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a interdit tout rassemblement statique sur la place de la Comédie dans le cadre de la manifestation déclarée le 12 octobre 2024 à Montpellier par les représentants de l'Union Juive Française pour la paix (UJFP34), du Parti de Gauche (PG34), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA34), de la Gauche Ecosocialiste, de la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault et du collectif BDS, dont l'objet est " Pour un cessez le feu immédiat et permanent - Contre les ventes d'armes à Israël - Contre la criminalisation et la répression du mouvement de solidarité à la Palestine " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'association soutient que :

- elle justifie de sa qualité et de son intérêt pour agir ;

- l'urgence est incontestable compte tenu des délais de convocation de la manifestation statique à Montpellier le 28 octobre 2023 ;

- l'arrêté préfectoral contesté porte une atteinte grave à la liberté fondamentale de manifester ;

- sa motivation est stéréotypée, les mêmes arguments que ceux ayant déjà fondé des interdictions de manifester étant évoqués, sans jamais d'ailleurs que soit apportée la moindre preuve de leur fondement ;

- il n'est pas démontré que le rassemblement de militants pro-Palestiniens sur la place de la Comédie à Montpellier serait susceptible de générer un trouble sérieux à l'ordre public, les deux motifs d'interdiction manquant pour l'un en fait, pour l'autre en droit ;

- le préfet n'a pas proposé un autre parcours aux organisateurs de la manifestation du 12 octobre 2024 et, ce faisant, leur a immédiatement interdit de manière implicite tout rassemblement à Montpellier, de manière générale et absolue.

La présidente du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault demande au tribunal sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'arrêté du 11 octobre 2024 par lequel le préfet de Hérault a interdit tout rassemblement statique sur la place de la Comédie dans le cadre de la manifestation déclarée le 12 octobre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure soumet à l'obligation de déclaration préalable " tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d'une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique ". Il résulte des articles L. 211-4 et R. 211-1 de ce code qu'il appartient au représentant de l'Etat dans le département d'interdire par arrêté toute " manifestation projetée de nature à troubler l'ordre public ".

4. Le respect de la liberté de manifestation et de la liberté d'expression, qui ont le caractère de libertés fondamentales au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, doit être concilié avec l'exigence constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public. Il appartient à l'autorité investie du pouvoir de police, lorsqu'elle est saisie de la déclaration préalable prévue à l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure ou en présence d'informations relatives à un ou des appels à manifester, d'apprécier le risque de troubles à l'ordre public et, sous le contrôle du juge administratif, de prendre les mesures de nature à prévenir de tels troubles, au nombre desquelles figure, le cas échéant, l'interdiction de la manifestation, si une telle mesure présente un caractère adapté, nécessaire et proportionné aux circonstances, en tenant compte des moyens humains, matériels et juridiques dont elle dispose. Une mesure d'interdiction, qui ne peut être prise qu'en dernier recours, peut être motivée par le risque de troubles matériels à l'ordre public, en particulier de violences contre les personnes et de dégradations des biens, et par la nécessité de prévenir la commission suffisamment certaine et imminente d'infractions pénales susceptibles de mettre en cause la sauvegarde de l'ordre public même en l'absence de troubles matériels.

5. Il ressort des motifs de l'arrêté préfectoral contesté, dont la motivation, détaillée, n'est pas stéréotypée, que la déclaration de la manifestation prévue à Montpellier le samedi 12 octobre 2024 a été adressée en préfecture par diverses associations, dont la fédération requérante et le collectif BDS, avec pour itinéraire place de la Comédie, rue Jean Moulin, rue de la Saunerie, boulevard Gambetta, rue du Courreau, rue Saint Guilhem, Préfecture, rue de la Loge, place de la Comédie, et pour l'objet " Pour un cessez le feu immédiat et permanent- Contre les ventes d'armes à Israël- Contre la criminalisation et la répression du mouvement de solidarité à la Palestine ". Pour interdire tout rassemblement statique sur la place de la Comédie dans le cadre de cette manifestation, le préfet de Hérault a retenu que, malgré la notification d'un arrêté préfectoral interdisant les manifestations pro-palestiniennes prévues les 30 et 31 août 2024 à Montpellier dont la légalité a été confirmée par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier le 30 août 2024, une manifestation organisée par le collectif BDS a tout de même eu lieu le 30 août 2024 dans les rues de Montpellier, à la suite de laquelle 17 personnes ont été verbalisées pour participation à une manifestation interdite. En outre, lors d'une rencontre le 5 septembre 2024 avec les représentants de BDS 34 et Libres pensées 34, puis par un courrier du même jour, le directeur de cabinet de la préfecture de l'Hérault leur a notamment demandé que d'autres sites que la place de la Comédie soient retenus pour leurs rassemblements, afin d'éviter les troubles à l'ordre public pouvant résulter de la fréquentation de ce site et d'éviter la concomitance avec d'autres manifestations et événements et de s'engager par écrit à organiser des manifestations dans le cadre de la nécessaire conciliation entre la liberté d'expression et le respect de l'ordre public. Par un arrêté préfectoral du 6 septembre 2024, la manifestation pro-palestinienne prévue le 7 septembre 2024 a été interdite sur la place de la comédie, interdiction confirmée par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier le 7 septembre 2024 et le rassemblement organisé par le collectif BDS a finalement eu lieu place des Martyrs de la Résistance. En outre, le préfet de l'Hérault a fait état, dans les motifs de son arrêté, de ce que le collectif BDS34, au nombre des organisateurs de la manifestation du 12 octobre 2024, installe, les samedis, des stands sur la place de la Comédie sans autorisation d'occupation du domaine public communal et qu'il fait systématiquement l'objet de verbalisation au titre de la police municipale sans aucun effet sur le respect pourtant nécessaire de la loi. Au vu de ces éléments et pour ces seuls motifs, dont le bien-fondé n'est pas sérieusement contesté par la fédération requérante, le préfet de l'Hérault, qui n'a pas prononcé, contrairement à ce qui est soutenu, une interdiction générale et absolue de manifester à Montpellier mais a seulement entendu, compte tenu de l'itinéraire du cortège fixé les organisateurs de la manifestation, interdire des rassemblements statiques, à son départ et à son arrivée, sur la place de la Comédie, située au cœur du centre historique de la ville et particulièrement fréquentée les samedis, dans un contexte local qui n'a pas évolué depuis les ordonnances du juge des référés de ce tribunal rendues les 30 août 2024 et 7 septembre 2024, afin de prévenir des troubles à l'ordre public, a pu interdire la manifestation déclarée au regard de l'itinéraire fixé par ses organisateurs. Dans ces conditions, la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault n'est pas fondée à soutenir que, par l'arrêté attaqué, le préfet de l'Hérault aurait prononcé une interdiction générale et absolue de manifester le 12 octobre 2024 et qu'il aurait, de ce fait, porté une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la fédération départementale des libres penseurs de l'Hérault et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 12 octobre 2024.

La juge des référés,

S. Encontre

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 12 octobre 2024

La greffière,

M. B

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions