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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405878

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405878

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405878
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantKOUAHOU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, saisi par le préfet de l'Hérault d'une demande de liquidation d'astreinte, a jugé qu'il n'y avait pas lieu d'y procéder. L'astreinte de 600 euros par mois avait été prononcée le 17 août 2023 pour contraindre l'État à reloger Mme A, mais celle-ci a occupé un nouveau logement adapté à ses besoins dès le 1er novembre 2023. Le tribunal a estimé que l'État était délié de son obligation de relogement à compter de cette date, et a modéré l'astreinte en application de l'article R. 778-8 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2303311 en date du 17 août 2023, le tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a fait injonction au préfet de l'Hérault d'attribuer à Mme B A un logement de type T5-T6, sous astreinte de 600 euros par mois de retard à compter du 1er octobre 2023.

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, sous le n° 2405878, le préfet de l'Hérault, qui fait part des mesures prises pour l'exécution de ce jugement, demande au tribunal de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte.

Il soutient que :

- Mme A, qui n'a pas signalé son changement d'adresse, a trouvé à se reloger dans un logement qui répond manifestement à ses besoins et à ses capacités ;

- le caractère urgent et prioritaire de son relogement ayant disparu, l'Etat est délié de ses obligations à son égard.

Le greffe du tribunal a communiqué la requête du préfet de l'Hérault le 17 octobre 2024 et à Mme A le 5 novembre 2024, par pli recommandé avec accusé de réception, lequel a été présenté au domicile déclaré de l'intéressée le 7 novembre 2024 et retourné au tribunal le 25 novembre 2024 avec la mention " pli avisé et non réclamé ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu par l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

2. Par une ordonnance en date du 17 août 2023, le tribunal a prononcé une astreinte de 600 euros par mois de retard à l'encontre de l'Etat, destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, si le préfet de l'Hérault ne justifiait pas avoir, passé la date du 1er octobre 2023, exécuté l'injonction qui lui était faite par cette décision d'attribuer un logement à Mme A.

3. Il résulte de l'instruction que par deux courriels des 25 mars et 5 juin 2024 et un courrier du 2 juillet 2024, présenté le 6 juillet 2024 et non réclamé, le préfet de l'Hérault a demandé à Mme A de compléter et d'actualiser son dossier de demande de relogement. Si la seule circonstance que l'intéressée s'est abstenue de donner suite à cette demande n'est pas, en soi, de nature à lui faire perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation, il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des informations qu'elle a elle-même déclarées auprès de la caisse des allocations familiales, que Mme A occupe, depuis le 1er novembre 2023, un nouveau logement d'une superficie de 97 m² pour un loyer résiduel de 78 euros, répondant tant à ses besoins qu'à ses capacités. L'Etat doit dès lors être regardé, alors même que le préfet n'aurait pas rempli par lui-même son obligation de relogement, comme étant délié, à compter du 1er novembre 2023, de son obligation d'exécuter l'injonction prononcée par l'ordonnance du 17 août 2023.

4. Compte tenu des circonstances de l'espèce ainsi que du montant de l'astreinte, qui s'élève, pour la période comprise entre le 1er octobre et le 1er novembre 2023, à la somme de 600 euros, et comme le permettent les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte dont était assortie l'injonction prononcée par l'ordonnance du 17 août 2023.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat par l'ordonnance n° 230331 en date du 17 août 2023.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 12 décembre 2024.

La présidente,

V. Quéméner

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 12 décembre 2024,

La greffière,

C. Arce

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