mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, Mme B A et M. E, représentés par Me Rosé, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 septembre 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé d'enregistrer les dossiers de leur demande de délivrance de carte de séjour en qualité de bénéficiaires de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'enregistrer leur demande de délivrance de carte de séjour portant la mention " protégé subsidiaire " ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de leur remettre une attestation portant la mention
" a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire " et autorisant son titulaire à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de les admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- ils ont bénéficié, le 6 janvier 2023, d'un premier titre de séjour en qualité de parents d'enfants protégés, ils ont ensuite respectivement obtenu la protection subsidiaire par décisions du 21 décembre et du 8 février 2024 de l'OFPRA, ce qui leur ouvre le droit de bénéficier de la carte de séjour pluriannuelle prévue par l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, toutefois leurs demandes en ce sens, déposées le 20 février 2024 sur la plateforme de l'Anef, n'ont pu aboutir, pas plus que les démarches qu'ils ont ensuite entreprises auprès du " Centre contact citoyens ", jusqu'à ce que les services préfectoraux, à la suite de leur dernière demande le 29 avril 2024, les convoquent, le 17 septembre 2024, en vue de déposer leurs demandes de délivrance de carte de séjour en qualité de bénéficiaires de la protection subsidiaire, ce qui n'aboutira pas au motif qu'ils ne produisaient pas les actes d'état civil de l'OFPRA ;
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors que, s'ils ont fini par se voir renouveler leurs cartes de séjour en qualité de membres de famille de réfugié, ils sont privés de la délivrance de l'attestation de prolongation portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " prévue par l'article R. 431-15-4 du code qui ouvre droit à une autorisation de travail et aux prestations sociales à compter de leur demande d'asile, notamment l'accès à des dispositifs spécifiques d'intégration comme le dispositif AGIR, l'accès aux centres provisoires d'hébergement et le droit au revenu de solidarité active, avec un effet rétroactif , alors qu'il résident actuellement en centre Huda avec leurs trois petites filles à leur charge, ce qui les maintient dans une situation de précarité ;
- la décision de refus en litige fait naître un doute sérieux sur sa légalité en ce qu'elle est entachée :
. d'une incompétence de l'auteur de l'acte qui n'est désigné que par ses initiales ;
. d'une erreur de droit dès lors qu'il doit être fait application des dispositions de l'article
R. 431-15-4 du code qui prévoient que dès la souscription de la demande de délivrance de la carte de séjour pluriannuelle du bénéficiaire de la protection subsidiaire, " une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande mentionnée au deuxième alinéa de l'article
R. 431-15-1, d'une durée de six mois renouvelable, est mise à sa disposition par le préfet au moyen de ce téléservice. Cette attestation porte la mention " a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire ". Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise et lui confère le droit d'exercer la profession de son choix dans les conditions prévues à l'article L. 414-10 ; et si l'arrêté du 30 avril 2021 fixe la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance des titres de séjour, dont la liste des pièces requises pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 424-9 qui prévoit une " attestation d'état civil (transmise par l'OFPRA à la préfecture en vue de la fabrication du titre) ", l'absence de cette transmission par l'Office ne fait, en tout état de cause, pas obstacle à la délivrance de l'attestation en cause ;
. d'une atteinte disproportionnée à leur droit à mener une vie privée et familiale normale.
Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie dès lors que les requérants bénéficient, d'ores et déjà, à raison de leur carte de séjour en qualité de membres de famille de réfugié valable jusqu'en 2027, de tous les droits sociaux prévus à l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est en situation de compétence liée pour refuser la demande dès lors que le récépissé sollicité ne peut être délivré que pour les seuls bénéficiaires d'une protection sans titre antérieur, dans l'attente de la réception de l'état civil de l'OFPRA et non pour ceux qui changent de statut de réfugié.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Rosé, pour les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Sauf dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. E et Mme B A, son épouse, ressortissants soudanais, ont obtenu par décision du 6 janvier 2023, un premier titre de séjour, valable jusqu'au 28 décembre 2027, en qualité de parents d'enfants protégés autorisant à travailler, dont la délivrance leur ouvre tous les droits sociaux prévus à l'article
L. 561-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Parents de trois jeunes enfants, ils sont, en l'état, logés et disposent notamment des aides octroyées par l'OFII et des allocations familiales. Par suite, s'ils se prévalent de ce qu'ils ont ensuite obtenu de l'OFPRA la protection subsidiaire par décisions du 21 décembre et du 8 février 2024, leur ouvrant le droit de bénéficier de la carte de séjour pluriannuelle prévue par l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, dans l'attente, de ce que leur soit remise l'attestation portant la mention " a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire " qui permet de justifier de la régularité du séjour pendant la durée qu'elle précise et confère le droit d'exercer la profession de son choix dans les conditions prévues à l'article L. 414-10, ils n'établissent pas l'urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de leur délivrer cette attestation, nonobstant le fait qu'elle leur permettrait notamment de percevoir, à titre rétroactif, le revenu de solidarité active.
4. Il y a donc lieu de de rejeter les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction.
5. Il y a lieu d'admettre les requérants à l'aide juridictionnelle provisoire.
ORDONNE :
Article 1er : M. E et Mme B A sont admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E, à
Mme B A, au préfet de l'Hérault et à Me Rosé.
Fait à Montpellier, le 30 octobre 2024.
Le juge des référés, La greffière,
E. Souteyrand M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 octobre 2024.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026