jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Bazin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre dans le parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de faire droit à sa demande d'admission dans le parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient :
En ce qui concerne l'urgence, que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision litigieuse la prive de l'aide financière et sociale à laquelle le parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle ouvre droit en application de l'article L. 121-9 du code de l'action sociale et des familles ;
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- cette décision est entachée d'erreur de droit, la circonstance, à la supposer établie, qu'elle aurait fait l'objet d'un rappel à la loi et qu'elle se serait maintenue irrégulièrement sur le territoire français n'étant pas de nature à fonder un refus d'admission en parcours de sortie de la prostitution ;
- en estimant qu'elle ne justifiait pas des conditions ouvrant droit à une admission, le préfet a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 121-9 et R. 121-12-9 et suivants du code de l'action sociale et des familles.
La requête a été communiquée au préfet de l'Hérault, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2405915 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du préfet de l'Hérault du 8 juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sanson pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sanson ;
- et les observations de Me Bazin, représentant Mme B, qui persiste dans ses conclusions et par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'association agréée " Amicale du Nid " a présenté pour le compte de Mme A B, ressortissante nigériane indiquant être née le 1er octobre 2002 une demande d'engagement dans le parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle. Par la requête susvisée, Mme B demande la suspension de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ()
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte de l'instruction que Mme B ne dispose d'aucun moyen de subsistance autre que les revenus qu'elle tire de la prostitution et qu'elle n'a plus accès à un hébergement stable. Elle justifie, par des attestations circonstanciées, être exposée à une grande anxiété ainsi qu'à des idées suicidaires en lien tant avec les traumatismes consécutifs à la prostitution qu'avec la situation de précarité qu'elle traverse chaque fois qu'elle parvient à s'en extraire. Dans ces conditions, Mme B justifie d'une urgence à bénéficier du parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle auquel la décision contestée refuse de l'admettre.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant l'autorisation d'engagement d'une personne dans le parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle prévu par les dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'action sociale et des familles ou son renouvellement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction.
5. Mme B verse à l'instruction, outre le résumé de son parcours joint à la demande d'engagement présentée par l'association " Amicale du Nid ", deux courriers rédigés les 23 avril et 25 septembre 2024, respectivement par une psychologue et par une bénévole de cette association, qui attestent qu'elle a rejoint le territoire français au début de l'année 2024 après avoir fui un réseau de proxénétisme et qu'elle se trouve isolée, sans ressources ni hébergement, et contrainte à avoir recours à la prostitution. Aucun de ces éléments n'est contesté par le préfet de l'Hérault, dont la décision de refus litigieuse repose sur les seules circonstances que Mme B aurait fait l'objet d'un rappel à la loi et qu'elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français. Dans ces conditions, et alors que cette demande d'admission au parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle a reçu l'avis favorable de la commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault a méconnu les dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'action sociale et des familles est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision attaquée jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Compte tenu de ce qui a été exposé au point 5, Mme B demeure éligible au bénéfice du dispositif prévu par les dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'autoriser l'engagement de Mme B dans un parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle, dans un délai d'un mois.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil de la requérante de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du préfet de l'Hérault du 8 juillet 2024 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault d'autoriser l'engagement de Mme B dans un parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale et professionnelle, dans un délai d'un mois.
Article 3 : Sous réserve que Me Bazin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Bazin une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Bazin.
Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. SansonLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 octobre 2024
La greffière,
L. Rocher
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026