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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405932

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405932

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405932
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL DEMERSSEMAN - EVEZARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024 à 13 h 07, Mme A B représentée par Me Demersseman, avocat, membre de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Demersseman-Evezard, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de suspendre la décision du préfet de l'Hérault en date du 4 octobre 2024 accordant le concours de la force publique, et ce jusqu'à ce que son relogement soit assuré et effectif.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que la décision contestée implique, sous moins de huit jours, son expulsion, sans aucune solution de relogement ;

- en l'absence de solution de relogement ni d'hébergement d'urgence, la décision porte nécessairement atteinte aux libertés fondamentales que sont le droit au respect de la dignité humaine et le droit au respect de la vie privée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, l'article L. 511-1 du même code énonce que : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ".

2. Il résulte de l'instruction que, par décision du 4 octobre 2024, le préfet de l'Hérault a informé Mme B qu'en application du jugement du tribunal judiciaire de Béziers (Hérault) du 20 septembre 2022 et de l'arrêt de la cour d'appel de Montpellier (Hérault) du 29 août 2024, il accordait, à compter du 21 octobre 2024, le concours de la force publique pour l'expulser du logement qu'elle occupe au 12, rue des Lauriers, sur le territoire de la commune de Colombiers (Hérault).

3. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. () ". Il résulte de ces dispositions que le représentant de l'État, saisi d'une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l'exécution des décisions de justice ayant force exécutoire. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l'expulsion d'occupants d'un local, faisant apparaître que l'exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. Si Mme B fait valoir qu'elle est âgée de soixante-neuf ans, dépourvue de toute solution de relogement et que son état de santé est incompatible avec la mise en œuvre de son expulsion, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que ces éléments seraient postérieurs aux décisions du juge judiciaire. Ainsi, en l'état de l'instruction, Mme B n'établit pas que le préfet de l'Hérault porterait une atteinte manifestement grave et illégale aux libertés fondamentales que sont le droit au respect de la dignité humaine et le droit au respect de la vie privée, en décidant d'apporter le concours de la force publique à l'exécution des décisions de justice la concernant. Par suite, il y a lieu de rejeter, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions de la requête de Mme B sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Montpellier, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 18 octobre 2024.

La greffière,

C. Touzet

N°240593

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