mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406010 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KOUAHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2024, Mme A C, représentée par Me B, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de l'orienter avec ses enfants vers un lieu d'hébergement à Montpellier dans un délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de déclarer que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle sera rendue ;
4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée puisqu'elle se retrouve sans abri avec ses quatre enfants mineurs dès lors que sa prise en charge par le département de l'Hérault a pris fin le 16 octobre 2024, le plus jeune de ses enfants ayant atteint l'âge de trois ans, qu'elle n'a pu obtenir un hébergement d'urgence auprès du service intégré d'accueil et d'orientation et du 115 malgré ses appels réguliers, faute de places disponibles, et que le département, contacté par son assistant social, a refusé de lui accorder une prise en charge même ponctuelle ; elle est célibataire, isolée sur le territoire français, sa situation administrative ne lui permet pas de travailler ; étant sans ressources, elle ne peut compter que sur l'aide ponctuelle des services sociaux et de certaines associations pour nourrir ses enfants qui sont tous scolarisés à Montpellier et, ne pouvant prétendre à un logement dans le parc locatif privé, elle est contrainte de rechercher, chaque jour et nuit, des solutions pour mettre à l'abri ses enfants ;
- la carence de l'Etat dans sa mission d'assurer le droit à l'hébergement d'urgence viole manifestement les dispositions des articles L. 345-2 et L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles et porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales garanties par les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- aucune condition de régularité de séjour n'existe pour l'accès aux structures d'hébergement d'urgence et les centres d'hébergement et de réinsertion sociale ;
- il convient qu'elle dispose d'un hébergement à Montpellier où elle bénéficie de l'aide d'associations et où ses enfants sont scolarisés.
Le préfet de l'Hérault n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, juge des référés,
- et les observations de Me B, pour la requérante, qui précise qu'elle a quitté l'Algérie pour se rendre à Montpellier il y a quatre mois et demi, sous couvert d'un visa valable du 20 mai 2024 au 3 juillet 2024 délivré par les autorités espagnoles, pour éviter que son époux, dont elle est séparée, la prive de ses enfants.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de désigner un lieu d'hébergement pour sa famille.
2. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse () ". L'article L. 345-2-2 du même code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () " et selon l'article L. 345-2-3 de ce code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ".
5. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
6. Mme C, ressortissante algérienne, fait valoir qu'elle se trouve sans abri, avec ses quatre enfants âgés de 14 à 3 ans, depuis la fin de sa prise en charge par le département de l'Hérault au titre de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles le 16 octobre 2024, et ne dispose d'aucune solution d'hébergement étant isolée sur le territoire français. Si l'intéressée justifie appeler régulièrement le 115 depuis le 12 septembre 2024 et que ses enfants sont scolarisés à Montpellier, elle ne produit toutefois aucun élément, notamment des rapports ou attestations de travailleurs sociaux, pour établir la réalité de l'isolement dans lequel elle dit se trouver à Montpellier ou l'existence d'une situation de détresse médicale, psychique ou sociale de sa famille. Ainsi, au regard des seules pièces produites au dossier, Mme C ne justifie pas d'une situation d'urgence particulière au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui justifierait l'intervention du juge des référés dans le délai de 48 heures pour mettre fin à une atteinte grave et manifestement illégale qui serait portée à une liberté fondamentale. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête présentées sur le fondement de cet article, de même que les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
7. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires. " Il n'y a donc pas lieu d'ordonner l'exécution provisoire de la présente décision.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, au préfet de l'Hérault et à Mme B.
Fait à Montpellier, le 23 octobre 2024.
La juge des référés,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 octobre 2024
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026