jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406046 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 octobre et 28 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " étudiant " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, au titre des frais du litige.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence faute d'une délégation régulière de signature ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car le préfet a pris sa décision à l'issue de sa première année d'étude en France, il justifie du sérieux, de la progression et de la cohérence de ses études et il est pris en charge financièrement par son frère ;
- la durée du délai de départ volontaire est irrégulière car il ne peut terminer l'année en cours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Brulé, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée par le préfet de l'Hérault a été enregistrée le 6 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 avril 2024 le préfet de l'Hérault a pris à l'encontre de M. B, ressortissant algérien né en 1993, un arrêté portant refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une décision implicite née le 25 août 2024, il a rejeté le recours gracieux présenté par l'intéressé tendant au retrait de cet arrêté. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux décisions.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault en vertu d'une délégation qui lui a été consentie par un arrêté du préfet de l'Hérault du 3 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Cet arrêté lui donne délégation à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Compte tenu de sa précision, cette délégation n'est pas d'une portée trop générale. Le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du titre III du protocole à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention "étudiant" ou "stagiaire" () ". Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte, notamment, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a obtenu en Algérie un master de la filière " Génie minier " avec pour spécialité " valorisation des ressources minérales ". Sur le territoire français, M. B s'est inscrit au titre de l'année 2022/2023 à un diplôme universitaire en économie mention " Data Analyst - Informatique et statistique pour la décision ". Alors qu'il a échoué avec une moyenne de 5,5/20, il s'est réinscrit au titre de l'année 2023/2024. Il s'est par ailleurs inscrit, au titre de cette même année dans le diplôme universitaire en économie " Big Data, Datascience et analyse des risques sous Python ".
5. Il est vrai que la décision du préfet n'a été prise qu'après l'échec d'une année d'étude de M. B. Toutefois, les notes obtenues à l'issue de l'année 2022/2023 ne permettent pas d'établir le sérieux du requérant dans le suivi de ses études et le fait de se réinscrire, pour l'année 2023/2024 en diplôme universitaire ne permet pas de conclure à l'existence d'une progression dans les études. Par ailleurs, si le requérant se prévaut de l'obtention du second diplôme universitaire auquel il s'est inscrit en septembre 2024, ce fait est postérieur aux décisions en litige. Egalement, si le requérant fait valoir l'utilité d'un diplôme universitaire pour obtenir une inscription en master, il ne l'établit nullement alors, d'une part, qu'il a obtenu son admission dans un master portant sur les " risques environnementaux et sureté nucléaire " pour l'année 2024/2025 avant le résultat du diplôme universitaire auquel il s'était inscrit et, d'autre part, qu'il n'établit pas avec précision la cohérence alléguée entre ses différents choix d'études sur le territoire français.
6. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation sur la réalité et le sérieux des études poursuivies que le préfet a pu refuser de renouveler le titre de séjour " étudiant " de M. B.
7. Enfin, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
8. Il résulte de ce qui précède qu'à la date de la décision contestée, M. B ne justifiait pas du sérieux ou d'une progression dans les études suivies en France. Par ailleurs, M. B n'établit pas, ni même ne soutient, s'être prévalu, auprès de l'autorité préfectorale, de circonstances particulières nécessitant qu'à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours lui fût accordé. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation que le préfet a pu s'abstenir d'octroyer un délai de départ volontaire supérieur à trente jours malgré le fait que le requérant soit inscrit en diplôme universitaire.
9. En conclusion, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation, d'une part, de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 25 avril 2024 portant refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant et portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ni, d'autre part, de la décision de rejet de son recours gracieux née le 25 aout 2024. Le rejet des conclusions à fin d'annulation du requérant implique, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées à fin d'injonction ainsi que celles formulées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 décembre 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026