vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406051 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de Castelnau d'Aude du 10 juin 2024 procédant à l'enlèvement de son véhicule automobile ;
2°) de condamner le maire de Castelnau d'Aude à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation de ses préjudices, avec intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2024.
Elle fait valoir que le stationnement de son véhicule n'était ni irrégulier, ni gênant, abusif ou dangereux au même titre que de nombreux véhicules " ventouse " sur la commune qui stationnent beaucoup plus longtemps ; qu'il ne présentait aucun défaut de présentation au contrôle technique puisque celui-ci était encore valide à la date d'enlèvement ; qu'aucune infraction caractérisée ne permettait au maire de procéder à la mise en fourrière de ce véhicule et que la réquisition de mise en fourrière est irrégulière en raison d'un vice de forme du procès-verbal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 325-1 du code de la route : " Les véhicules dont la circulation ou le stationnement en infraction aux dispositions du présent code ou aux règlements de police ou à la réglementation relative à l'assurance obligatoire des véhicules à moteur ou à la réglementation du transport des marchandises dangereuses par route compromettent la sécurité ou le droit à réparation des usagers de la route, la tranquillité ou l'hygiène publique, l'esthétique des sites et des paysages classés, la conservation ou l'utilisation normale des voies ouvertes à la circulation publique et de leurs dépendances, notamment par les véhicules de transport en commun peuvent à la demande et sous la responsabilité du maire ou de l'officier de police judiciaire territorialement compétent, même sans l'accord du propriétaire du véhicule, dans les cas et conditions précisés par le décret prévu aux articles L. 325-3 et L. 325-11, être immobilisés, mis en fourrière, retirés de la circulation et, le cas échéant, aliénés ou livrés à la destruction. ". En vertu du premier alinéa de l'article L. 325-9 du code de la route, les frais d'enlèvement, de garde en fourrière, et de mise en vente ou de destruction du véhicule sont à la charge du propriétaire. Le dernier alinéa de l'article R. 325-29 du même code dispose que les professionnels auxquels l'autorité dont relève la fourrière fait appel dans le cadre de la mise en fourrière sont rémunérés par cette autorité et, qu'à défaut de stipulations contractuelles, cette autorité indemnise les frais précités lorsque notamment le propriétaire du véhicule mis en fourrière s'avère inconnu, introuvable ou insolvable.
3. La mise en fourrière d'un véhicule prescrite en exécution des articles L. 325-1 et suivants du code de la route a le caractère d'une opération de police judiciaire tout comme les décisions qui en résultent et qui ne sont pas dissociables d'une telle opération. Par suite, l'autorité judiciaire est seule compétente pour connaître des actions en responsabilité fondées sur les irrégularités dont serait entachée la mise en fourrière et, notamment, sur celles qui se rapportent à la réalité ou à la constatation des infractions qui l'ont motivée.
4. Si Mme A conteste la réalité des infractions à l'origine de la mise en fourrière de son véhicule automobile décidée par un officier de police judiciaire ainsi que le procès-verbal en résultant, il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître des conclusions indemnitaires fondées sur les irrégularités qui entacheraient la décision de mise en fourrière. Dans ces conditions, le litige soulevé par la requête de Mme A relève de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire et échappe ainsi manifestement à la compétence de la juridiction administrative. Dès lors, par application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, cette requête doit être rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée à la commune de Castelnau d'Aude.
Fait à Montpellier, le 25 octobre 2024.
Le président,
J. Charvin
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 octobre 2024,
La greffière,
A-L. Edwige
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026