vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par requête, enregistrée le 24 octobre 2024, Mme D B C, représentée par Me Rosé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour " étudiant ", l'oblige à quitter le territoire français, et fixe le délai de départ, le pays de renvoi, et une interdiction de retour de 3 mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour étudiant ou de réexaminer sa demande avec autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois et au besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à son avocat une somme de 2 000 euros au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent ;
- le refus de séjour est entaché de défaut d'examen, elle vient de la République démocratique du Congo, et non de la République du Congo, et la convention bilatérale visée dans l'arrêté ne lui est pas applicable ;
- le refus de séjour est entaché d'erreur de fait et de défaut d'examen, elle a justifié de son inscription administrative en licence professionnelle intervention sociale ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation du sérieux de ses études et a méconnu la circulaire du 7 octobre 2008 ;
- le refus de séjour est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire est fondée sur un refus de séjour illégal ;
- elle n'est pas motivée en droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour est fondée sur une obligation de quitter le territoire illégale.
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays renvoi est fondée sur un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire illégaux ;
- elle est erronée sur sa nationalité.
La requérante a demandé l'aide juridictionnelle totale le 17 octobre 2024.
Par mémoire, enregistré le 27 novembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours, et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre la République française et la République du Congo signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A et les observations de Me Rosé, pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante congolaise née le 3 mai 1991, demande d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 du préfet de Hérault qui lui refuse un titre de séjour " étudiant ", l'oblige à quitter le territoire français, fixe le délai de départ, la renvoie dans le pays dont elle a la nationalité et fixe une interdiction de retour de 3 mois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu de faire application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le moyen commun aux décisions :
3. Le signataire de l'arrêté, M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet de l'Hérault pour signer notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers, par arrêté du 9 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire sera écarté.
Sur le refus de séjour :
4. Si l'arrêté vise à tort la convention entre la République française et la République du Congo signée à Brazzaville le 31 juillet 1993, alors que la requérante est ressortissante de la République démocratique du Congo, cette erreur de plume est sans incidence.
5. Si l'intéressée soutient avoir justifié de son inscription administrative en licence professionnelle intervention sociale, ce moyen est inopérant, ce motif de refus étant surabondant.
6. En vertu de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ". Le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Il appartient ainsi au préfet, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de la progression de l'étudiant dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B C, entrée en France en qualité d'étudiante le 12 septembre 2019, a validé sa 1e année de brevet technique supérieur (BTS) en 2019/2020 et a échoué l'année suivante en 2e année de BTS, diplôme non obtenu. Elle a validé les trois années suivantes à l'université de Montpellier les diplômes universitaires des personnes en situation de handicap vieillissantes et connaissances générales de la personne âgée. Par suite, en l'absence de progression de Mme B C dans ses études, seuls deux diplômes universitaires de niveau équivalent étant validés, le refus de séjour n'a pas méconnu l'article cité au point 6.
8. La requérante ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 7 octobre 2008 du ministre de l'intérieur, qui est dépourvue de valeur réglementaire.
9. En vertu de l'article l' article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. La requérante ne saurait se prévaloir de la durée de son séjour en France, alors qu'elle n'y a été admise que pour y poursuivre ses études, et n'a pas vocation à y résider durablement. Si elle soutient avoir contracté un mariage coutumier avec un compatriote titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 2 mai 2031, qui habite en Gironde, elle ne produit que des photographies et une attestation de ce dernier, et aucune pièce ne démontre la réalité de ce mariage et une durée de vie commune entre les intéressés. Et rien ne fait obstacle à ce que Mme B C retourne dans son pays d'origine où elle ne démontre pas être isolée et où son " mari " peut l'accompagner. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 cité au point précédent et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation seront écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
11. Cette décision, qui fait suite à un refus de séjour motivé, n'a pas à faire l'objet d une motivation distincte, et ce moyen sera écarté.
12. Pour les motifs exposés au point 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'étranger doit être écarté
Sur les autres décisions :
13. Eu égard aux constats opérés précédemment, l'interdiction de retour sur le territoire, limitée à 3 mois, n'est pas disproportionnée.
14. Nonobstant l'erreur de plume mentionnée au point 4, la décision fixant le pays de renvoi n'est pas entachée d'erreur quant à la nationalité de l'étranger.
15. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français dont elle a fait l'objet, et à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, au besoin sous astreinte, et celles relatives aux articles 37 et 75 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B C n'est pas admise au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B C, à Me Rosé et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Camille Doumergue, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
V. A
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 décembre 2024.
La greffière,
L. Salsmann sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026