lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL GIL-FOURRIER CROS CRESPY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et des pièces complémentaires, enregistrées les 26 octobre 2024, 21 novembre 2024 et 22 novembre 2024, Mme A et Mme B, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° AR2024/06-1178 du 10 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Castelnau-le-Lez ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 034 05 724 M0138 déposée le 02 mai 2024 par M. D en vue de la division parcellaire de la parcelle cadastrée section CO n°611 située au 700 chemin des mendrous sur le territoire de la commune de Castelnau-le-Lez ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Castelnau-le-Lez et de M. D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative
Elles soutiennent que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée au regard des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- l'arrêté litigieux qui ne s'oppose pas à la déclaration préalable est illégal dès lors qu'il autorise la création d'une deuxième voie d'accès qui permettra l'accès par l'impasse des thuyas, voie privée divisée en deux parcelles cadastrées section CS n° 269 et section CO n°543, alors même que l'existence d'une servitude de passage n'est pas établie ; il méconnaît également les dispositions du règlement de la zone UD du plan Local d'urbanisme relatives aux voies d'accès dès lors que le chemin de thuyas devra être utilisé dans toute sa largeur alors même qu'aucune servitude de passage ou autorisation de passage n'a été délivrée au pétitionnaire de la parcelle cadastrée section CO n°611 ;
- la parcelle de cadastrée section CO n°611 n'est pas enclavée dès lors qu'elle dispose d'un accès direct et fonctionnel au chemin des mendrous qui a la nature d'une voie publique à circulation générale d'une largeur de 9 à 11 mètres offrant des conditions de desserte optimales ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions du règlement de la zone UD du PLU de la commune en ce qu'il autorise une voie d'accès au lot constructible alors que cette dernière n'offre pas les dimensions suffisantes pour répondre aux exigences du PLU ; il était donc nécessaire de prévoir une largueur suffisante de 5,50 mètres, hors trottoirs, pour les deux sens de la circulation ; en outre, le chemin est régulièrement inondé par le ruissellement des eaux pluviales et le relargage sauvage des eaux de piscine;
- l'arrêté litigieux méconnaît l'article UD 3 du PLU qui prévoit que lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les constructions peuvent n'être autorisées que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie où la gêne pour la circulation est la moindre ; l'impasse de thuyas est une voie privée étroite avec une largueur de circulation réduite en raison du stationnement des riverains ; seuls deux propriétaires utilisent l'impasse au niveau de l'accès souhaité et non huit propriétaires comme le soutient le pétitionnaire ; il n'existe aucune aire de retournement au bout de l'impasse aggravant les difficultés de manœuvres et les risques pour les usagers ; le chemin des mendrous est l'accès le plus approprié au regard des dispositions de l'article UD 3 du PLU ;
- l'usage de l'impasse des thuyas est strictement limité aux besoins des habitants de l'impasse, dès lors, cette limitation exclut toute notion de circulation publique générale ;
- l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à la vérification de l'existence d'une servitude de passage pour l'utilisation de l'impasse des thuyas ;
- le pétitionnaire ne saurait, en méconnaissance des dispositions de l'article UD4 du PLU, se raccorder au réseau des eaux usées sans obtenir d'autorisation de passage dès lors que le raccordement se fera par le passage sur les parcelles privées de l'impasse des thuyas, en tout état de cause, aucun accord n'a été sollicité à cet effet ;
- enfin, l'arrêté litigieux de non-opposition à la déclaration préalable entraîne des conséquences directes sur leur propriété, dommages matériels, perturbation de la jouissance du bien, un accès à la propriété rendu difficile, et la perte de places de stationnement.
Par mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2024, la commune de Castelnau-le-Lez, représentée par Me Crespy de la Selarl Gil Cros Crespy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'irrecevabilité de la requête en annulation, en raison de l'absence de production d'un titre de propriété en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme, entraîne par conséquence l'irrecevabilité la requête en référé-suspension ;
- le moyen tiré de ce qu'il n'est pas justifié d'un droit de passage pour l'accès à la parcelle à construire doit être écarté dès lors que le chemin de thuyas, indépendamment du caractère éventuellement privé des parcelles supportant la voie, est une voie ouverte à la circulation publique ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du PLU doit être écarté dès lors que d'une part, les dispositions du troisième alinéa sont relatives à l'aménagement des voies nouvelles et ne trouve pas à s'appliquer aux voies existantes, et d'autre part, que la voie existante, d'une largeur de 6 mètres, est parfaitement adaptée aux besoins du projet et est en capacité de supporter une augmentation très limitée du trafic induit par le projet ;
- la circonstance que la parcelle cadastrée section CO n°611 dispose déjà d'un accès sur le terrain chemin des mendrous n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté litigieux ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4 du PLU doit être écarté comme étant infondé dès lors que, en premier lieu, ledit article prescrit seulement une obligation de raccordement au réseau public d'assainissement, en deuxième lieu, si l'article impose un raccordement au réseau public de distribution d'eau potable il n'impose pas que les constructions le soient de façon directe, l'article UD 4 autorise ce raccordement par l'intermédiaire de canalisations privées. Enfin, à supposer que le réseau situé sous le chemin des Thuyas doive être regardé commune un réseau privé, ce qui n'est pas établi, le raccordement au réseau public via un réseau privé ne serait pas irrégulier ;
- en tout état de cause, la déclaration préalable a uniquement pour objet de diviser le terrain d'assiette sans prévoir de raccordement d'une construction.
Par mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2024, M. D, représenté par Me Monflier de la SCP SVA, conclut au rejet de la requête, à ce que la somme de 2 500 soit mise à la charge solidaire des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que la somme de 13 euros en remboursement du droit de plaidoirie soit mise à la charge solidaire des requérantes sur le fondement des articles R. 652-26, R. 652-27 et R. 652-28 du code de la sécurité sociale.
Il soutient que :
- les critiques soulevés relatives aux droits des tiers et à l'atteinte au droit de propriété en raison de l'autorisation d'un accès sur une impasse privée sont inopérantes dès lors qu'il n'appartient pas à l'autorité administrative d'apprécier l'opportunité d'un projet mais seulement de se prononcer sur sa conformité aux règles d'urbanisme ;
- le moyen tiré de l'irrégularité de l'accès prévu doit être écarté dès lors que, à supposer même que la voie soit privée, il est incontestable que cette dernière est notoirement ouverte à la circulation publique, et qu'aucun panneau de signalisation n'en prohibe ou n'en limite d'accès ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du PLU doit être écarté dès lors que le chemin des thuyas, qui est en impasse et rectiligne, n'est pas une voie carrossable mais de desserte des huit propriétés qui la bordent, le projet consistant à l'aménagement d'un lot à bâtir va porter le nombre de propriétés à neuf qui desservira cette voie ; en tout état de cause, les dispositions du PLU relatives à la création de voie que les requérantes invoquent au soutien de leur application au chemin des thuyas ne sont pas applicables aux voies existantes ; il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'accès et la voie ne seraient pas adaptés à l'opération de faible ampleur ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4 doit être écarté dès lors qu'au stade de l'instruction de la demande de division parcellaire, aucun élément du dossier ne permet de considérer que le projet ne pourrait être raccordé au réseau des eaux usées, il n'est en rien établi une quelconque impossibilité technique ou juridique de raccorder le lot à bâtir au réseau public ; il n'est pas établi que l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable de division parcellaire permettrait l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance du futur permis de construire.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 octobre 2024 sous le n°2406113 par laquelle Mme A et Mme B demandent l'annulation de l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 novembre 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Mme B, qui persiste dans leurs écritures par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Crespy, représentant de la commune de Castelnau-le-Lez, qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Monflier, représentant de M. D, qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été différée au 22 novembre 2024 à 17 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Le 02 mai 2024, M. E D a déposé un dossier de déclaration préalable auprès des services instructeurs de la commune de Castelnau-le-Lez en vue de la division de la parcelle cadastrée section CO n°611 située au 700 chemin des mendrous sur le territoire de la même commune en vue de la création d'un lot à bâtir. Par un arrêté en date du 10 juin 2024, le maire de la commune de Castelnau-le-Lez a délivré à M. D un certificat de non-opposition à déclaration préalable n° DP 034 057 24 M0138. Le 28 juin 2024, Mme. B formait un recours gracieux contre cet arrêté. Par une requête enregistrée le 26 octobre 2024 sous le n° 2406113, Mme. B et Mme. A demandent l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2024. Par la présente requête, Mme. B et Mme. A demandent, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par les requérantes n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité et sur l'urgence, qu'il n'y a pas lieu de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Castelnau-le-Lez ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 02 mai 2024 par M. D en vue de la division parcellaire de la parcelle cadastrée section CO n°61, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge des parties les frais engagés au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les requérantes n'étant en tout état de cause pas représentées par avocat. Le droit de plaidoirie institué par l'article L. 723-2 du code de la sécurité sociale entrant dans les sommes susceptibles d'être prises en compte au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, les conclusions présentées par M. D tendant à ce que ce droit soit mis à la charge des requérantes doivent être rejetées par les mêmes motifs.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme. A et Mme. B est rejetée
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Castelnau-le-Lez et M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Les conclusions présentées par M. D sur le fondement des articles R. 652-26, R. 652-27 et R. 652-28 du code de la sécurité sociale sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Mme A, à M. D et à la commune de Castelnau-le-Lez.
Fait à Montpellier, le 25 novembre 2024.
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 novembre 2024.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026