lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et mémoire en réplique, enregistrés les 31 octobre 2024 et 20 novembre 2024, la société FREE MOBILE, représentée par Me Martin de la SARL PAMLAW, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Fabrègues du 23 juillet 2024 portant sursis à statuer pour une durée de deux ans sur la déclaration préalable n° DP 34095 24 M0088 déposée le 25 juin 2024 en vue de l'implantation d'un pylône treillis d'une hauteur de 18 mètres sur une parcelle cadastrée section BW n°104 sis Route départementale 613 route de Gigean, lieu-dit La Baraque sur le territoire de la commune de Fabrègues ;
2°) à titre subsidiaire, pour le cas où l'existence d'une décision tacite de non opposition ne serait pas admise, d'enjoindre au maire, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'avoir à instruire de nouveau la déclaration préalable en prenant une décision dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) en tout état de cause de mettre à la charge de la commune de Fabrègues une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est caractérisée dans la mesure où la décision litigieuse freine nécessairement le déploiement du réseau de la société Free Mobile ;
- l'urgence est caractérisée dans la mesure où la décision d'opposition fait obstacle à la réalisation des engagements que cette société a pris vis-à-vis de l'Etat, notamment au titre des dispositions du cahier des charges du 8 décembre 2015 établi par l'ARCEP pour la 4G et des dispositions du cahier des charges du 2 novembre 2015 établi par l'ARCEP pour la 5G, qui concourt à la satisfaction d'un intérêt public ;
- l'urgence est caractérisée dès lors que le sursis à statuer fait obstacle à l'implantation de la station relais qui permet le déploiement de la couverture par le service de téléphonie mobile, d'une partie du territoire de la commune de Fabrègues et ralentit ainsi l'atteinte par la société FREE MOBILE du seuil de 99,6% qui lui est imposé par l'Etat ;
- l'urgence est caractérisée dès lors que l'arrêté en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate aux intérêts ci-dessus évoqués ;
- l'urgence est caractérisée dès lors que les cartes de couverture versées au débat montrent que la partie de territoire sur laquelle la station relais est projetée n'est pas couverte par ses réseaux ;
- la commune ne conteste pas que la condition d'urgence soit remplie, elle l'admet implicitement mais nécessairement.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- l'arrêté litigieux est entaché d'un vice d'incompétence ;
- l'arrêté litigieux du 23 juillet 2024, notifiée le 29 juillet 2024, constitue en réalité une décision de retrait de la décision tacite de non-opposition née le 25 juillet 2024 de sorte qu'en ne mettant pas en œuvre une procédure contradictoire préalable, l'autorité administrative a méconnu les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et la circonstance qu'a été cochée la case permettant une notification par voie électronique est sans conséquence dès lors que conformément aux dispositions de l'article R. 424-10 alinéa 1er du code de l'urbanisme, la décision refusant un projet soumis à déclaration préalable ne peut être notifiée que par voie de courrier recommandé avec demande d'avis de réception ;
- l'extrait de notification produit par la commune en défense ne permet ni de connaître l'adresse e-mail à laquelle la notification a été envoyée ni même d'attester que le courriel a bien été ouvert par son destinataire de sorte que la commune ne peut se prévaloir du courriel notifié le 23 juillet 2023 pour nier l'existence d'une décision tacite de non-opposition
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dès lors que le projet d'implantation de la station relais ne présente qu'une superficie de 7 m² de faible impact sur une parcelle qui n'est pas cultivée et ne semble pas avoir de vocation agricole de sorte que le projet n'est pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme ;
- il ne pouvait être considéré, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, que l'implantation d'une antenne relais était de nature à rendre plus difficile l'exécution du plan eu égard à la modestie et au faible impact du projet de 7 m² sur une parcelle qui n'est pas cultivée et ne semblant pas avoir de vocation agricole ;
- l'article A2 du règlement du PLUi contient une contradiction dès lors qu'il exclut de la zone At les pylônes et poteaux supports d'antennes mais autorise l'implantation de pylônes et poteaux supports d'antennes d'émission ou de réception de signaux radioélectriques exclusivement affectés aux services de secours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, la commune de Fabrègues, représentée par Me D'Albenas de la Selarl Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la Société Free Mobile la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'acte n'est entaché d'aucun vice d'incompétence dès lors que l'auteur bénéficie d'une délégation de signature et d'une délégation de fonction par un arrêté du 26 mai 2020 ;
- la société Free Mobile n'est pas titulaire d'une décision tacite de non-opposition dès lors que l'arrêté litigieux a été notifié de façon électronique le 23 juillet 2024 et qu'elle avait consenti à recevoir une telle réponse électronique en cochant la case correspondant dans le dossier de déclaration préalable ;
- il pouvait être sursis à statuer sur la déclaration préalable en application des dispositions de L. 424-1 du code de l'urbanisme dès lors que la parcelle cadastrée section BW n°104 sur laquelle l'implantation de l'antenne relais est projetée se situe en zone At du futur PLUi qui n'autorise pas l'implantation de pylônes d'opérateurs de téléphonie mobile de sorte que l'implantation de l'antenne relais en litige serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur PLUi.
Vu :
- la requête enregistrée le 24 septembre 2024 sous le n°2405514 par laquelle la société FREE MOBILE demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 novembre 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Me Mirabel, représentant la société FREE MOBILE, qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens.
- les observations de Me Larbre, pour la commune de Fabrègues, qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens. Il ajoute qu'il y a un intérêt public à surseoir à statuer sur la déclaration préalable en raison de l'approbation du futur PLUi qui interdit l'implantation des antennes et pylônes dans la zone At.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 juin 2024, la société FREE MOBILE a déposé un dossier de déclaration préalable de travaux en vue de l'édification d'une station radioélectrique de télécommunication composée d'un pylône treillis d'une hauteur de 18 mètres, pour l'installation de six antennes radioélectriques et de deux faisceaux hertziens, d'une zone technique grillagée avec portillon de sécurité, sur le lieu-dit " La Baraque " parcelle cadastrée section BW n°104 sur le territoire de la commune de Fabrègues. Par un arrêté en date du 23 juillet 2024, le maire de la commune de Fabrègues a sursis à statuer sur cette déclaration préalable pour une durée de deux ans. Par la présente requête, la société FREE MOBILE sollicite du juge des référés la suspension de l'exécution de l'arrêté du 23 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. La société Free Mobile, titulaire d'une autorisation d'exploitation de réseaux de télécommunications mobile sur le territoire national délivrée par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), établit, par la production de cartes de couverture réseau qui montrent pour la 3G, la 4G et la 5G que la partie de territoire sur laquelle l'implantation de la station relais est projetée n'est pas couverte par ses réseaux. Si la commune soutient qu'il y a un intérêt public à surseoir à statuer compte tenu de l'interdiction d'installer des antennes relais en zone At du futur PLUi, cet intérêt public ne prévaut pas au cas d'espèce sur l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile. Dès lors, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision :
5. En l'état de l'instruction, le moyen soulevé par la société requérante tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la l'arrêté du 23 juillet 2024 portant sursis à statuer.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 23 juillet 2024 par laquelle le maire de la commune de Fabrègues a sursis à statuer sur la déclaration préalable déposée le 23 juin 2024 pour une durée de deux ans, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. En application de l'article L. 911- 1 du code de justice administrative, il est enjoint au maire de Fabrègues de procéder au réexamen de la déclaration préalable déposée par la Société Free Mobile, dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance. Cette décision revêtira un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation de l'arrêté attaqué. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le Maire de la commune de Fabrègues a sursis à statuer sur la déclaration préalable déposée le 23 juin 2024 par la société FREE MOBILE est suspendu jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête tendant à l'annulation de cette décision.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Fabrègues de procéder au réexamen du dossier de déclaration préalable déposée par la Société FREE MOBILE, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société FREE MOBILE et à la commune de Fabrègues.
Fait à Montpellier, le 25 novembre 2024.
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 25 novembre 2024.
La greffière,
M. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026