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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2406615

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2406615

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2406615
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme B, qui demandait au préfet de l'Hérault de lui attribuer un hébergement suite à une décision de la commission de médiation du 2 avril 2024. La requête a été jugée manifestement irrecevable car tardive, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de quatre mois pour saisir le tribunal, prévu à l'article R. 778-2 du même code, expirait le 16 septembre 2024, alors que la requête a été enregistrée le 18 novembre 2024. La décision de la commission de médiation informait pourtant clairement Mme B des voies et délais de recours. Le tribunal a invité l'intéressée à déposer une nouvelle demande d'accueil auprès de la commission de médiation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'ordonner au préfet de l'Hérault de lui attribuer une place en hébergement conformément aux prescriptions de la décision de la commission de médiation du 2 avril 2024.

Elle soutient qu'à la suite de cette décision, elle n'a reçu aucune proposition d'accueil et est toujours sans domicile fixe.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 778-1 du même code : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code () / 2° Les requêtes introduites par les demandeurs reconnus par la commission de médiation comme prioritaires pour un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, en application des dispositions du III ou du IV de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, et qui n'ont pas, passé le délai mentionné à l'article R. 441-18 du même code, été accueillis dans l'une de ces structures, logements ou établissements ; () ". Aux termes de l'article R. 778-2 du même code : " Les requêtes mentionnées à l'article R. 778-1 sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l'expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation. Ce délai n'est toutefois opposable au requérant que s'il a été informé, dans la notification de la décision de la commission de médiation (), d'une part, de celui des délais () de ce code qui était applicable à sa demande et, d'autre part, du délai prévu par le présent article pour saisir le tribunal administratif. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le demandeur qui a été reconnu comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale doit saisir le tribunal administratif dans un délai de quatre mois, courant à compter de l'expiration du délai de six semaines au cours duquel aucune proposition ne lui a été faite, imparti par les dispositions de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation.

4. Par une décision du 2 avril 2024, dont l'intéressée ne conteste pas avoir reçu notification régulière, la commission de médiation de l'Hérault a reconnu Mme B comme prioritaire et devant être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Cette décision, que la requérante verse à l'instance, comportait les voies et délais de recours et informait l'intéressée qu'elle disposait d'un délai expirant le 16 septembre 2024 pour saisir le tribunal administratif si aucune proposition d'accueil ne lui était faite avant la date du 14 mai 2024. La requête de Mme B, enregistrée au greffe du tribunal le 18 novembre 2024, est donc tardive. Elle est, par suite, manifestement irrecevable. Il appartient à Mme B, si elle s'y croit fondée, de déposer une nouvelle demande d'accueil en urgence auprès de la commission de médiation du département de son domicile.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 27 novembre 2024.

La présidente,

Valérie Quéméner

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 novembre 2024,

La greffière,

C. Arce

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