mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 novembre 2024 et des pièces enregistrées le 10 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Moulin, doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour présentée le 23 mai 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français " ou " salarié " dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir et, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors qu'il est le père d'un enfant français, âgé de cinq ans, dont il a l'autorité parentale conjointe et pour laquelle il contribue à l'entretien et que le refus en litige le place en situation irrégulière sur le territoire français tout en le privant de la possibilité de travailler pour aider son enfant et de lui permettre de continuer à lui verser la pension alimentaire de 130 euros par mois fixé par le jugement du 5 mai 2023 prononçant son divorce ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité d'une telle décision de refus en ce qu'elle est entachée :
. d'une insuffisance de motivation,
. d'une erreur de droit, car, selon les dispositions de l'article L 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il remplit toutes les conditions pour pouvoir bénéficier d'un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ",
. d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 10 décembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie, M. B se maintenant en situation irrégulière en France à la suite de la décision du 15 avril 2021, validée définitivement par la juridiction administrative, lui refusant le droit au séjour et l'obligeant à quitter le territoire, alors que le risque de perte d'emploi dont il se prévaut concerne un emploi exercé irrégulièrement ;
- aucun des moyens n'est fondé dès lors, qu'en l'état, aucune décision de refus n'est intervenue, puisque la commission du titre de séjour a été saisie et, dans l'attente de son avis, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, l'autorisant a exercer une activité professionnelle, valable du 5 décembre 2024 au 4 mars 2024, a été délivrée à l'intéressé.
Vu :
- la décision du 2 décembre 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Moulin, pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, au nombre desquels figure le refus de première demande de titre, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant marocain né le 17 mars 1989, entré le 8 mars 2019 en France en qualité de conjoint d'une ressortissante française épousée au Maroc le 26 novembre 2018, mais dont la communauté de vie avec celle-ci, dont laquelle il est désormais divorcé depuis le 5 mai 2023, avait cessé dès le 1er décembre 2019, a fait l'objet, le 15 avril 2021, d'un refus de titre de séjour opposé à sa demande, présentée en tant que parent d'un enfant français, assorti d'une obligation de quitter le territoire, décisions validées par le Tribunal et la cour administrative d'appel de Marseille. Et, il est constant que, postérieurement à l'introduction de la présente requête, le préfet de l'Hérault a saisi la commission du titre de séjour et, dans l'attente de son avis, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande présentée le 23 mai 2024, l'autorisant à exercer une activité professionnelle et valable du 5 décembre 2024 au 4 mars 2025, a été délivrée à l'intéressé. Par suite, M. B n'établit pas l'urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision en litige par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour sans toutefois l'obliger à quitter le territoire français.
4. En conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de M. B aux fins de suspension, d'injonction et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Moulin.
Fait à Montpellier, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés, La greffière,
E. Souteyrand A. Farell
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 décembre 2024.
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026