mardi 24 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406899 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2024, M. C A, représenté par Me Laporte, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour présentée en qualité dc père d'un enfant français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour temporaire " parent d'enfant français " ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors qu'il est le père d'un enfant français, et qu'en l'état, il est la seule ressource du foyer familial, alors que la décision en litige fait obstacle à la pérennité de son emploi faute de pouvoir disposer de son permis de conduire tunisien dont la validation en France implique la régularisation préalable de sa situation au regard du droit au séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité d'une telle décision de refus en ce qu'elle est entachée :
. d'une insuffisance de motivation,
. d'une erreur de droit, car, il remplit toutes les conditions, prévues par les dispositions de l'article L 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour pouvoir bénéficier d'un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ",
. d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie, M. B A, qui se maintient en situation irrégulière depuis son entrée en 2022 en France, a, lors d'un contrôle d'identité le 6 avril 2023, déclaré de fausses identités et nationalités et présenté une facture falsifiée, n'établit pas la communauté de vie avec sa concubine française avant le 19 juin 2024 ; en outre, il dispose de récépissés lui permettant d'exercer une activité professionnelle dont le dernier, qui lui a été remis le 2 décembre 2024, est valable jusqu'au 1er mars 2025 ; par suite, il n'établit pas l'urgence à ce que soit prononcée la suspension de l'exécution de la décision en litige, laquelle ne constituant pas un refus implicite d'admission au séjour, tous les moyens de la requête sont inopérants.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Laporte, pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, au nombre desquels figure le refus de première demande de titre, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B A, ressortissant tunisien né le 26 mai 1993 et entré en 2022 en France, qui a sollicité le 15 décembre 2023 une carte de séjour en qualité de parent d'enfant français, dont l'instruction demeure en cours, dispose de récépissés lui permettant d'exercer une activité professionnelle, dont le dernier, qui lui a été remis le 2 décembre 2024, est valable jusqu'au 1er mars 2025. De sorte, qu'en l'état, nonobstant le problème de la validation de son permis de conduire délivré par les autorités tunisiennes, il n'établit pas l'urgence à ce que soit prononcée la suspension de l'exécution de la décision de prolongation d'instruction en litige.
4. En conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de M. B A aux fins de suspension, d'injonction et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 24 décembre 2024.
Le juge des référés,
E. Souteyrand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 décembre 2024.
La greffière,
A. Farell
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