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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2406933

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2406933

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2406933
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait d'enjoindre à France Travail d'ouvrir ses droits à indemnisation chômage et de contraindre le département de l'Hérault à rectifier ses bulletins de salaire. Le juge a constaté que les litiges relatifs aux prestations d'assurance chômage, servies par France Travail pour le compte de l'organisme gestionnaire, relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire et non administrative, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. Par conséquent, la requête a été jugée manifestement irrecevable, sans instruction ni audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. C B demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à France Travail d'ouvrir immédiatement ses droits à indemnisation chômage conformément à l'article L. 5422-1 du code du travail ;

2°) de contraindre le département de l'Hérault à rectifier ses bulletins de salaire en répartissant correctement les indemnités de préavis sur juillet, août et septembre 2024 et émettre une attestation employeur corrigée reflétant ses revenus réels pour les mêmes mois.

Il soutient qu'il a été licencié par le département de l'Hérault car ne souhaitant pas changer de statut à la suite du transfert des activités du syndicat mixte Cogitis au département de l'Hérault ; que France Travail refuse de l'indemniser et que les erreurs sur ses bulletins de salaires aggravent la confusion dans son dossier d'indemnisation.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsqu'il apparaît manifeste qu'elle est irrecevable.

2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ".

3. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s'est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l'Agence nationale pour l'emploi et aux Assedic, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s'agissant des prestations servies au titre du régime d'assurance chômage.

4. Les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à France Travail d'ouvrir ses droits à indemnisation chômage et à contraindre le département de l'Hérault à rectifier des bulletins de salaire et à émettre une attestation employeur rectifiée pour prétendre à des droits à indemnisation chômage ne relèvent pas de la compétence du juge administratif.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Copie en sera adressée à France Travail et au département de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

F. Corneloup

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 décembre 2024.

La greffière,

M. A

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