lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2407462 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BADJI-OUALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Badji-Ouali, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Hérault lui a retiré la carte de séjour pluriannuelle qu'il détenait en qualité de conjoint de française ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle au titre de sa vie privée et familiale ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;
3°) de condamner l'Etat à verser la somme de 1 200 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision qui le place en situation professionnelle délicate en France où ses projets professionnels consistant en la création d'une société nécessitent qu'auprès des établissements bancaires, il justifie d'un droit au séjour pour une durée supérieure à un an ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
. elle est insuffisamment motivée, ce qui établit l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle ;
. elle est entachée d'un vice de procédure ;
. elle est entachée d'une violation de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une méconnaissance manifeste de son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu :
- la requête tendant à l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Et, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. La condition d'urgence est, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par la décision en litige du 19 juillet 2024, si le préfet a, à raison de la menace à l'ordre public que constitue son comportement, retiré la carte de séjour pluriannuelle, valable du 24 janvier 2024 au 24 janvier 2026 dont disposait M. A en qualité de conjoint de française, et dont il sollicitait le renouvellement, il lui a également délivré un titre de séjour d'une durée d'un an, l'autorisant à travailler en France. Par suite, en l'état des pièces du dossier, le requérant n'établit pas l'urgence à ce que soit prononcée la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 du préfet de l'Hérault en tant qu'elle lui retire sa carte de séjour pluriannuelle.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la présente requête, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Badji-Ouali
Fait à Montpellier, le 30 décembre 2024.
Le juge des référés,
E. Souteyrand
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 décembre 2024.
La greffière,
M. Lainé
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