mercredi 18 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2407518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BOUDAYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2024, M. A D C, représenté par Me Boudaya, demande au tribunal d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, contenues dans l'arrêté du 29 novembre 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales, ainsi que son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- la requête est recevable
- les décisions en litige portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour souffrent d'un défaut de motivation ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet des Pyrénées-Orientales a produit des pièces, enregistrées le 19 mars 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C ressortissant algérien, né le 19 janvier 1993 à Mostaganem (Algérie), est entré irrégulièrement dans l'espace Schengen en 2022 selon ses déclarations. Le 29 novembre 2024, il a fait l'objet d'un contrôle par des agents de la police aux frontières dans l'enceinte de la gare de Perpignan. Par un arrêté du même jour, le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et effectué un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour contenues dans cet arrêté, ainsi que son signalement dans le système d'information Schengen.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige vise les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui la fondent et relève que M. C, qui a été interpellé dans l'enceinte de la gare de Perpignan, n'a pas été en mesure de justifier de la régularité de son entrée sur le territoire et n'y dispose d'aucun droit au séjour. Le préfet des Pyrénées-Orientales a par ailleurs précisé que la situation personnelle et familiale de l'intéressé, qui ne justifie ni d'une ancienneté de séjour en France, ni d'aucune attache, ne s'opposait pas à son éloignement. Il s'ensuit que cette décision comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait ayant conduit le préfet des Pyrénées-Orientales à édicter une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. C, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige sera écarté.
3. En deuxième lieu, si le requérant soutient travailler et résider de manière stable et pérenne au Portugal, il ne produit à l'appui de ses allégations que des documents rédigés en langue portugaise, non traduits, qui ne sont en tout état de cause pas de nature à établir l'installation durable alléguée sur le territoire portugais. Dans ces conditions M. C n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir que les motifs retenus par le préfet ne seraient pas fondés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Si le requérant soutient avoir tissé les liens significatifs avec de nombreuses personnes sur le territoire portugais, pays où il prétend résider, cette circonstance à la supposer même établie, ne lui confère en tout état de cause aucun droit à séjourner sur le territoire français. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de son audition devant les agents de la police aux frontières que M. C, qui a déclaré être présent et résider sur le territoire français depuis l'année 2022, est célibataire, sans enfant à charge et ne justifie pas être démuni d'attaches familiales en Algérie puisque ses parents y résident. Par ailleurs, il ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée. Il n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () "
8. Pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Pyrénées-Orientales a tenu compte de la situation de M. C, s'agissant notamment de la durée de sa présence en France et de la circonstance qu'il n'a pas justifié y avoir noué des liens particuliers. Dans ces conditions, la décision est suffisamment motivée. Par ailleurs, compte tenu de la situation de l'intéressé sur le territoire français, telle que rappelée au point 6 du présent jugement, M. C n'est pas fondé à soutenir que la durée de l'interdiction de retour, ainsi fixée à deux ans, serait disproportionnée et entachée d'une erreur d'appréciation.
Sur l'inscription sur le fichier système d'information Schengen :
9. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. () "
10. Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de cette mesure, qui sont irrecevables, doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour d'une durée de deux ans contenues dans l'arrêté du 29 novembre 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales, ni en tout état de cause de son signalement dans le système d'information Schengen.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C et au préfet des Pyrénées-Orientales
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2025.
La présidente- rapporteure,
V. BL'assesseure la plus ancienne,
C. Doumergue
La greffière
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juin 2025
La greffière,
E. Tournier
No 2407518
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026