jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2407562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 décembre 2024 et 21 janvier 2025, la société Free Mobile, représentée par Me Pascal Martin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 septembre 2024, par lequel le maire de la commune de Mauguio s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 034 154 24 00276 pour l'implantation d'une station relais, sur un terrain sis Route de Mauguio ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au maire de la commune de Mauguio d'avoir à lui délivrer une décision de non opposition sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réinstruire la déclaration préalable, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mauguio une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée porte atteinte à un intérêt public et à ses propres intérêts ;
- la décision porte nécessairement atteinte à la poursuite de son objectif de déploiement des installations 5 G émettant dans la bande de fréquence 3,5 GHZ encore loin d'être atteint à ce jour ;
- les cartes de couverture qu'elle produit revêtent une valeur probante ;
- les stations relais existantes sur le territoire sont situées à des distances trop importantes pour couvrir la zone concernée par le projet litigieux ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors que la parcelle d'assiette du projet se trouve en continuité avec la partie urbanisée de la commune ;
- l'auteur de la décision a commis une erreur de droit et une erreur de fait en considérant que le dossier de déclaration préalable ne comportait aucun élément indiquant la prise en compte des éléments mentionnés aux articles 1 et 2 du règlement du plan local d'urbanisme, à savoir le respect des conditions de salubrité, de sécurité et de tranquillité publique, la sauvegarde du caractère ou de l'intérêt des lieux avoisinants, la protection du paysage naturel ou urbain, alors que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme n'imposent aucunement que ces éléments figurent dans le dossier de déclaration préalable ; en tout état de cause, lesdits éléments se trouvent dans le dossier d'information qui a été adressé à la mairie le 19 mars 2023 ;
- le maire a en outre méconnu les dispositions de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme faute d'avoir demandé lesdits éléments dans le délai d'un mois suivant le dépôt du dossier de demande de permis de construire ;
- l'auteur de la décision ne pouvait s'opposer au projet en se fondant sur les dispositions de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme alors qu'une autre antenne relais se trouve sur la parcelle d'assiette du projet ; les dispositions communes à toutes les zones du PLU précisent que les équipements d'infrastructure et les ouvrages techniques nécessaires à leur fonctionnement sont autorisées dans toutes les zones du PLU ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne à tort que le dossier de déclaration préalable est incomplet faute de comporter une référence permettant de connaître la distance qui sépare le projet de l'axe de la route départementale ;
- la décision attaquée ne donne aucune indication permettant de déterminer en quoi le projet serait contraire aux dispositions du plan de prévention des risques d'inondation ; les équipements d'intérêt général sont autorisés en zone rouge du PPRI et une étude hydraulique a été jointe au dossier de déclaration préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2025, la commune de Mauguio, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Free Mobile la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
- la société Free Mobile n'apporte pas la preuve que la décision en cause l'empêche de remplir les obligations de service public mises à sa charge ; la couverture de la population résidant sur le territoire de la commune de Mauguio par les réseaux Free Mobile est assurée au regard des cartes mises en ligne par l'ARCEP et l'ANFR ;
- aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- le projet constitue une extension de l'urbanisation existante en méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ; la seule circonstance que le terrain d'assiette du projet comporte déjà une construction est insuffisante pour considérer que l'extension se réalise en continuité ; le projet se situe en dehors de l'agglomération existante localisée par le SCOT du Pays de l'Or ;
- le dossier ne comporte aucune justification du respect des articles 1 et 2 des dispositions générales du règlement du PLU ;
- le projet qui constitue une construction isolée méconnaît l'article 1er du règlement du PLU applicable à la zone agricole ;
- l'implantation d'une antenne relais paraît incompatible avec le classement du terrain d'assiette en zone rouge du PPRI ;
Vu :
- la requête enregistrée le 3 novembre 2024, sous le n°2406236, par laquelle la SAS Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 janvier 2025 à 14 heures :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Me Candelier, représentant la société Free Mobile, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens,
- les observations de Me Pelissier, représentant la commune de Mauguio, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens et précise que le PPRI n'autorise les équipements d'intérêt public que lorsque leur implantation n'est pas possible ailleurs, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 août 2024, la société Free Mobile a déposé une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais, sur une parcelle cadastrée section DB 25 sis Route de Mauguio. Par un arrêté en date du 3 septembre 2024, le maire la commune de Mauguio s'est opposé à la déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile sollicite du juge des référés la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la commune aurait commis une erreur de droit et une erreur de fait en considérant que le dossier de déclaration préalable ne comportait aucun élément indiquant la prise en compte des éléments mentionnés aux articles 1 et 2 du règlement du plan local d'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il en est de même du moyen tiré de ce que la commune ne pouvait s'opposer au projet en se fondant sur les dispositions de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme et du moyen tiré de ce que le motif d'opposition tenant à l'incomplétude du dossier de déclaration préalable serait entaché d'une erreur de fait.
4. Si le maire de la commune de Mauguio ne pouvait légalement se fonder sur les motifs évoqués au point 3 pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux, il appartient au juge des référés d'examiner si, après neutralisation de ces motifs, les autres motifs retenus par cette autorité étaient de nature à justifier la décision attaquée. En l'espèce, le moyen tiré de ce que le maire a entaché son arrêté d'une erreur de droit au regard de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ne paraît pas, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le maire de la commune de Mauguio aurait pris la même décision d'opposition à la déclaration préalable de travaux s'il ne s'était fondé que sur ce seul motif tiré de la violation des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de rechercher si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, que la société requérante n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Mauguio s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux.
Sur les frais liés au litige :
6. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Mauguio au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Mauguio.
Fait à Montpellier, le 23 janvier 2025
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 janvier 2025
La greffière,
M. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026