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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2500226

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2500226

jeudi 17 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2500226
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantDE ARANJO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme B, ressortissante algérienne, qui contestait l'arrêté du préfet de l'Hérault refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, le secrétaire général de la préfecture bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Sur le fond, il a estimé que le préfet n'avait pas commis d'erreur de fait ni de droit en refusant le renouvellement, car Mme B n'avait validé qu'une seule année universitaire en cinq ans, avec des résultats très faibles, ce qui ne démontrait pas une poursuite sérieuse et effective des études au sens de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 janvier et 14 mai 2025, Mme B, représentée par Me De Aranjo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sous un délai de 30 jours et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, pris le versement de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

s'agissant de la décision portant refus d'un titre de séjour :

-elle est entachée d'un défaut de compétence du signataire de l'acte ;

- elle est entachée d'une erreur de fait au regard de sa situation personnelle de l'intéressée et de son état de santé ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- vu l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacob, rapporteur,

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 25 février 2002, est entrée sur le territoire français le 13 septembre 2019 munie d'un visa long séjour portant la mention " étudiant ". Le 26 mai 2020, Mme B s'est vue remettre par le préfet de l'Hérault un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant ", renouvelé régulièrement jusqu'au 24 octobre 2024. Le 13 octobre 2024, Mme B a demandé au préfet de l'Hérault le renouvellement de son titre de séjour, qui le lui a refusé, par un arrêté du 11 décembre 2024, au motif qu'elle n'avait validé et obtenu qu'une première année de licence de sciences et technologie en 2021, sur la période comprise entre septembre 2019, date de son arrivée en France, et 2024. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 11 décembre 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et interdiction de retour en France pendant une période de trois mois.

2. Par un arrêté du 7 juin 2024, régulièrement publié le 14 juin 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Hérault a donné délégation de signature à M. C A, en sa qualité de secrétaire général de la préfecture de l'Hérault, pour signer les actes administratifs en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. Aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et qui justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources), reçoivent, sur présentation, () d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français (), un certificat de résidence valable un an, renouvelable, et portant la mention " étudiant " () ".

4. Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée par un ressortissant algérien en qualité d'étudiant, de rechercher si l'intéressée peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, entrée en France le 13 septembre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour, s'est inscrite à l'Université de Montpellier, en première année de licence sciences et technologie au titre de l'année universitaire 2019/2020, puis, à nouveau, pour l'année 2020/2021, à la suite de son ajournement l'année précédente. A cet égard, il est observé que l'intéressée a obtenu cette première année avec la note moyenne de 10/20 au second semestre. Par la suite, Mme B a été inscrite en deuxième année de licence informatique pour l'année 2021/2022, ainsi qu'en deuxième année de licence de physique pour les années 2022/2023 et 2023/2024. Toutefois, l'intéressée a été systématiquement ajournée pour chacune desdites années comprises entre 2021 et 2024, de sorte qu'elle n'a validé qu'une seule année d'étude supérieure sur la période des cinq années de résidence sur le territoire français. De surcroît, les moyennes obtenues par la requérante au titre des années d'études comprises entre 2021 et 2024 soit très faibles, ne dépassant pas la note de 3,06/20 et marquent un net désinvestissement de l'intéressée. Au surplus et en tout état de cause, Mme B ne produit aucune note ou résultat universitaire dans le cadre de son inscription en seconde année d'électronique, énergie électrique, automatique pour l'année 2024/2025, de sorte qu'il n'est pas possible de constater une progression. Par ailleurs, si l'intéressée justifie ses différents ajournements, pour la période comprise entre 2021 et 2024, par la pandémie de Covid 19 et la dégradation de son propre état de santé, les certificats médicaux qu'elle produit et les attestations relatives à ses difficultés psychologiques ne peuvent suffire à justifier ses échecs successifs sans progression dans ses résultats. De plus, il ressort des pièces du dossier que les changements répétés de formations de Mme B, avec l'inscription à quatre formations différentes en cinq ans, sont mus par des considérations étrangères à son état de santé. Dans ces conditions, la requérante, qui n'a obtenu aucun diplôme en France, ne justifie pas, eu égard à son parcours universitaire, du caractère sérieux des études poursuivies. Par suite, en refusant de lui renouveler son titre de séjour, le préfet n'a pas fait une inexacte application des stipulations citées au point 3.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 décembre 2024 du préfet de l'Hérault. Et, il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais d'instance.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du préfet de l'Hérault, qui n'est pas la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B, au préfet de l'Hérault et à Me De Aranjo.

Délibéré après l'audience du 26/06/2025, à laquelle siégeaient :

M. Eric Souteyrand, président,

Mme Adrienne Bayada, première conseillère,

M. julien Jacob, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2025.

Le rapporteur,

J. Jacob Le président,

E. Souteyrand

La greffière,

M-A. Barthélémy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 17 juillet 2025.

La greffière,

M-A. Barthélémy

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