mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2500628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2025, et des pièces complémentaires enregistrées les 29 janvier et 17 février 2025, M. H D, Mme I E, M. A C, Mme K C et M. B G, représentés par Me Mazas, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre l'arrêté n° DP 34003 24 K0595 délivré le 31 octobre 2024 par lequel le maire de la commune d'Agde a accordé à Monsieur F une déclaration préalable pour la modification d'une façade et la création d'un logement supplémentaire ;
2°) de condamner la commune d'Agde au paiement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- les travaux ont commencé à être entrepris ;
Sur le doute sérieux sur la légalité :
- le dossier de déclaration préalable est incomplet en violation de l'article R.431-35 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de déclaration préalable, qui ne comporte pas de plan de masse conforme aux dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, est incomplet ;
- l'article R.431-10 est méconnu en l'absence de plan de coupe initial et futur alors que le projet implique une modification et en l'absence de document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet au regard des constructions existantes ;
- l'édification d'une terrasse entraîne la violation des règles de prospect prévues à l'article UD7 du PLU ;
- M. F procède à la régularisation d'un vice de procédure présent dans la demande de permis de construire pour son lot n°2 dans le cadre de cette demande préalable alors que les travaux ont été entrepris ;
- la cession d'une partie de la parcelle au litige au domaine public entraîne une violation de l'article UD3 du PLU et du règlement du SDIS ;
- l'obligation d'aménagement d'accès pour les personnes handicapées n'a pas été respectée à la suite de la modification de l'accès à la voirie ;
- les règles de prospect prévues par l'article UD6 sont violées dans la mesure où la distance minimale de 5 mètres par rapport aux voies et emprises publiques n'est pas respectée ;
-les dispositions de l'article UD9 concernant l'emprise au sol sont méconnues ;
-la déclaration préalable est entachée de fraude ;
-le projet méconnaît les conditions d'accès prévues par l'article UD3 ;
-le projet méconnaît les conditions de stationnement prévues par l'article UD12.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 février 2025, le 14 février 2025, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 17 février 2025, la commune conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros à verser à la commune d'Agde au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- A titre principal, la requête est irrecevable :
- la requête est irrecevable car que les formalités de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées dès lors que la notification n'a pas été adressée à l'adresse mentionnée dans l'arrêté de permis de construire ;
- A titre subsidiaire :
Sur la condition d'urgence :
- l'urgence étant présumée, la commune s'en remet à l'appréciation du juge des référés quant à la situation d'urgence invoquée par les requérants ;
Sur l'absence de doute sérieux de légalité :
- le dossier de déclaration préalable suffisamment complet a permis au service instructeur de comprendre le projet ;
- les éléments listés dans l'article R.431-10 du code de l'urbanisme sont, en principe, exigibles seulement pour les demandes de permis de construire ;
- le requérant n'a pas démontré la nécessité de produire un plan de coupe et cette absence est palliée par les autres éléments du dossier qui ont permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet
- la déclaration préalable ne porte pas sur un projet de création ou de modification d'une construction et n'est pas visible depuis l'espace public de sorte que le document graphique n'était pas une pièce exigée dans le dossier. En tout état de cause, le dossier comprend suffisamment d'éléments ;
- l'article UD7 n'est pas méconnu dès lors qu'il règlemente l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives et non l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres ;
- la cession au domaine public n'a pas eu lieu, il s'agit d'une erreur de plume, en tout état de cause l'instruction d'une demande d'autorisation d'urbanisme tient seulement compte des voies publiques et privées préexistantes à la demande ;
- l'ensemble des moyens relatifs au transfert de propriété sont inopérants, et en tout état de cause, en l'absence de recalibrage des voies, l'avis du SDIS n'était pas obligatoire ;
- les prescriptions relatives à l'accessibilité des personnes handicapées sont respectées ;
- la distance minimale par rapport aux voies et emprises publiques doit être calculée en fonction des voies existantes au jour de la demande et en tout état de cause, la distance de 5 mètres est respectée ;
- les règles d'emprise au sol prévues par l'article UD9 sont respectées ;
-la fraude n'est pas démontrée par les requérants ;
-les conditions d'accès prévues par l'article UD3 ne sont, d'une part, pas applicables et d'autre part, sont respectées ;
- les requérants ne démontrent pas que les stationnements prévus ne répondent pas aux normes de sécurité.
Vu :
- la requête enregistrée le 25 janvier 2025 sous le n°2500610 par laquelle M. et Mme L et autres demandent l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 17 février 2025 à 14 heures :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Me Mazas, représentant les requérants, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens. Elle précise en outre qu'elle a notifié son recours à M. F à la bonne adresse et que l'erreur de numéro de la décision attaquée dans la notification est sans incidence. Elle précise encore que la déclaration préalable a été délivrée sur la base de mauvais documents et est entachée de fraude, notamment sur l'emprise au sol, le transfert de voirie à la commune, l'accessibilité aux places de stationnement, l'aménagement de la voirie dans l'impasse.
- les observations de Me Wattrisse, représentant la commune d'Agde, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens. Elle précise que le dossier ne porte que sur la déclaration préalable pour la modification d'une façade et la création d'un logement et non sur le permis de construire pour une nouvelle maison sur la même parcelle délivré en 2023, que les plans sont précis et complets, que l'emprise au sol n'est pas augmentée par la création de jardinières, qu'aucune parcelle de terrain n'a été transférée à la commune, que le plan local d'urbanisme n'impose pas une largeur d'accès pour l'accès aux parcelles, que l'accès est en tout état de cause suffisant pour la demande en litige.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er octobre 2024, M. F a déposé un dossier de déclaration préalable portant sur la parcelle KN n°182, visant à la modification des façades d'une maison existante et à la création d'un logement supplémentaire. Par un arrêté n° DP3400324K0595 en date du 31 octobre 2024, le maire de la commune d'Agde a accordé la déclaration préalable pour le projet. Par la présente requête, M. D, Mme E, M. C, Mme C et M. G demandent au tribunal de suspendre l'exécution dudit arrêté jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense et sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Agde, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de sommes au titre des frais exposés par M. D, Mme E, M. et Mme C et M. G et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Agde au titre des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. D, Mme E, M. et Mme C et M. G est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Agde sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H D, premièrement désignée dans la requête, à la commune d'Agde et à M. F.
Fait à Montpellier, le 18 février 2025.
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. J
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 février 2025.
La greffière,
M. J
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026