lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2500690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | DE ARANJO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, M. C B, représenté par Me De Aranjo, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet de la Lozère lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de cinq ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Lozère de procéder à un réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sa requête est recevable faute de mention dans l'acte de notification de la possibilité de déposer le recours contentieux auprès du responsable du lieu de rétention administrative ou du chef de l'établissement pénitentiaire conformément aux dispositions de l'article R.922-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
L'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- méconnait les dispositions des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration pour être insuffisamment motivées ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision fixant le pays de destination :
- est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité.
La requête a été communiquée au préfet de la Lozère le 1er février 2025.
Un mémoire en défense a été enregistré le 4 février 2025, soit postérieurement à l'audience et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Pater, première conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater ;
- et les observations de Me De Aranjo, représentant le requérant assisté d'un interprète, M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 28 août 2002, de nationalité afghane, sollicite l'annulation de l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet de la Lozère lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de cinq ans.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son intégralité :
4. L'arrêté contesté a été signé, pour le préfet de la Lozère, par
Mme Laure Trotin, secrétaire générale de la préfecture de la Lozère, qui bénéficiait d'une délégation de signature consentie à cet effet en vertu d'un arrêté préfectoral n°PREF-BCPPAT-2024-200-002 du 18 juillet 2024 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de cette préfecture du même jour et librement accessible sur son site internet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
5. D'une part, la décision attaquée vise les textes dont il est fait application et en particulier les 4° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :, 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public. ". Le préfet rappelle que M. B a fait une demande d'asile qui a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 7 septembre 2023, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 10 juillet 2024 et rappelle de façon détaillées les condamnations pénales dont il a fait l'objet par le tribunal correctionnel de Mende en 2023 et 2024. La motivation s'appréciant indépendamment du bien-fondé des motifs retenus, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut, dès lors, qu'être écarté.
6. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier, que M. B est entré irrégulièrement sur le territoire national, selon ses déclarations, en août 2023. Il est célibataire, sans enfant et ne se prévaut d'aucune attache en France alors qu'il ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attaches familiales en Afghanistan où il a passé la majeure partie de sa vie. Arrivé récemment sur le territoire national, il est sans domicile fixe, a été incarcéré plusieurs mois en exécution de peine et ne fait ainsi pas preuve d'intégration. Il suit de là qu'en décidant son éloignement, le préfet de la Lozère n'a pas porté au droit de M. B, une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination.
8. L'obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
9. En indiquant, après avoir rappelé les décisions de rejet de sa demande d'asile, que M. B n'allègue pas être exposé à des peines out traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet, qui a examiné sa situation au regard de l'article 3 de la convention qu'il a cité, a suffisamment motivé en fait et en droit sa décision.
10. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L.513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les persécutions ou menaces de persécutions prises en compte dans la reconnaissance de la qualité de réfugié et les atteintes graves ou menaces d'atteintes graves pouvant donner lieu au bénéfice de la protection subsidiaire peuvent être le fait des autorités de l'Etat, de partis ou d'organisations qui contrôlent l'Etat ou une partie substantielle du territoire de l'Etat, ou d'acteurs non étatiques dans les cas où les autorités définies au premier alinéa de l'article L. 513-3 refusent ou ne sont pas en mesure d'offrir une protection. ".
11. Si M. B soutient avoir fui son pays et avoir des craintes en cas de retour de subir des traitements contraires à l'article 3 précité, il ne produit aucun élément de nature à circonstancier des craintes qu'il n'aurait pu invoquer devant les juridictions de l'asile, qui pour la dernière a statué en juillet 2024, et de nature à justifier une appréciation différente de celle déjà portée sur les conséquences qu'aurait pour sa situation personnelle le retour en Afghanistan. S'il fait valoir que le site " diplomatie.gouv " relate l'instabilité du pays et les risques encourus même par les afghans sur l'ensemble du territoire d'Afghanistan sur lequel il est seul admissible, il ne démontre pas par cette seule référence qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques réels et sérieux pour sa liberté ou son intégrité dans le cas de retour dans son pays d'origine qu'il a quitté il y a moins de deux ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire :
12. L'obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen unique tiré du défaut de base légale de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire doit être écarté.
13. Il résulte de l'ensemble ce qui précède, que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet de la Lozère et à Me De Aranjo.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2025.
La magistrate désignée,
B. Pater
Le greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de la Lozère, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 février 2025
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026