LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2500757

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2500757

lundi 22 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2500757
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantKOUAHOU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre) a rejeté la requête de Mme D..., ressortissante algérienne, qui contestait un arrêté préfectoral du 27 novembre 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et prononçant une interdiction de retour de trois mois. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, l'insuffisance de motivation, le défaut d'examen particulier, et la méconnaissance de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. La solution retenue est le rejet de la requête, le préfet n'ayant pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur l'avis du collège des médecins de l'OFII. Les textes appliqués incluent l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2025, Mme C... D... épouse A..., représentée par Me Kouahou, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 27 novembre 2024 du préfet de l’Hérault portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois mois ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours et de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S’agissant des décisions portant refus de séjour :
elles ont été prises par une autorité incompétente ;
elles sont insuffisamment motivées ;
elles révèlent un défaut d’examen réel et particulier de sa situation ;
le préfet s’est cru tenu par l’avis du collège des médecins de l’OFII ;
elles méconnaissent l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
elles méconnaissent l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et est disproportionnée.


Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2025, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir que les moyens soulevés à l’appui de la requête sont infondés.


Un mémoire, enregistré le 7 juillet 2025, présenté pour Mme D..., n’a pas été communiqué en application de l’article R. 613-3 du code de justice administrative.


Mme D... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 20 mars 2025.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Gayrard, rapporteur,
et les observations de Me Kouahou, représentant Mme D....





Considérant ce qui suit :


Mme C... D..., ressortissante algérienne née le 17 décembre 1982, demande au tribunal l’annulation de l’arrêté du préfet de l’Hérault du 27 novembre 2024 portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national d’une durée de trois mois.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

S’agissant des décisions portant refus de délivrance d’un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, par un arrêté n° 2024-340-422 du 7 juin 2024, le préfet de l’Hérault a accordé à M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault, une délégation à l’effet de signer « tous actes, arrêtés, décisions (…) relevant des attributions de l’Etat dans le département de l’Hérault (…) A ce titre, cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs (…) relatifs au séjour et à la police des étrangers (…) », régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du 14 juin suivant. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.


En deuxième lieu, l’arrêté litigieux vise les dispositions applicables, et notamment celles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et fait également état d’éléments de fait propres à la situation de la requérante. Il ne saurait être reproché au préfet de n’avoir fait mention d’aucun élément du dossier médical de l’enfant de la requérante dès lors qu’ils sont couverts par le secret médical. Par suite, le moyen tiré d’une insuffisance de motivation ne peut qu’être écarté.


En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l’Hérault, qui n’avait pas à indiquer de manière exhaustive l’ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de Mme D..., n’aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation. En se fondant sur l’avis du collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration du 7 novembre 2024 donnant son avis sur l’état de santé de son enfant B... A..., le préfet de l’Hérault, qui ne s’est pas cru lié par l’avis précité, a également procédé à un examen particulier et sérieux de sa propre situation. Le moyen tiré du défaut d’examen particulier doit donc être écarté comme non fondé.


En quatrième lieu, aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ». Il résulte de ces stipulations que, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d’enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d’affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation. Aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».


Les dispositions de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoient la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour au bénéfice des parents d’enfants mineurs dont l’état de santé répond aux conditions prévues par l’article L. 425-9 du même code, ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que le préfet, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire d’appréciation, délivre à ces ressortissants un certificat de résidence pour l’accompagnement d’un enfant malade. Il est alors loisible au préfet de consulter pour avis le collège médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). La partie qui justifie d’un avis du collège de médecins de l’Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l’existence ou l’absence d’un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d’un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l’autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d’apprécier l’état de santé de l’étranger et, le cas échéant, l’existence ou l’absence d’un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d’apprécier si l’état de santé d’un étranger justifie la délivrance d’un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d’instruction utile.

Pour refuser la délivrance d’un certificat de résidence à Mme D..., le préfet de l’Hérault s’est notamment fondé sur l’avis rendu le 7 novembre 2024 du collège de médecins de l’OFII, lequel a estimé que si l’état de santé de son fils B... A..., né le
2 février 2024, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, il peut toutefois, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier d’un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier, pour lesquels la requérante a levé le secret médical, que l’enfant B... A... est né grand prématuré et présente un risque de troubles du neurodéveloppement pour lequel, selon un certificat médical du 17 janvier 2025, un médecin du centre d’action médico-social précoce de Montpellier préconise un suivi pluridisciplinaire jusqu’à l’âge de six ans, tandis qu’un médecin du service de néonatalogie et un chirurgien du CHU de Montpellier évoquent, selon un certificat médical du 15 janvier 2025 un suivi en chirurgie infantile et plastique jusqu’à l’âge de sept ans. Toutefois, ces certificats ne permettent pas de remettre en cause l’avis précité du collège des médecins de l’OFII selon lequel l’enfant pourra bénéficier d’un traitement approprié dans le pays d’origine de ses parents et peut voyager sans risque vers ce pays. Si Mme D... soutient que, pour des raisons financières, son enfant ne pourra pas avoir effectivement accès aux soins nécessaires, elle n’apporte aucun élément à l’appui de telles allégations. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant et de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales peuvent être écartés. Il découle de ce qui précède que le préfet de l’Hérault n’a commis aucune erreur manifeste d’appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation de l’intéressée et de son enfant.

S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

D’une part, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».


Il ressort des pièces du dossier que Mme D... est entrée en France le 8 mars 2023 muni d’un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, que son époux,
M. A..., est également en situation irrégulière, et qu’elle n’est pas dénuée d’attaches familiales en Algérie où elle a vécu jusqu’alors l’essentiel de son existence. Rien ne fait donc obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie. La requérante ne fait état d’aucun facteur d’intégration dans la société française. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne peut qu’être écarté.


D’autre part, au vu des motifs exposés aux points 7 et 9, les moyens tirés d’une erreur manifeste d’appréciation et du caractère disproportionné de la mesure doivent être écartés.


Il découle de ce qui précède que Mme D... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du préfet de l’Hérault du 27 novembre 2024 portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national. Il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d’annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à titre d’injonction ou sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.







D E C I D E :







Article 1er : La requête de Mme D... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... D... épouse A..., au préfet de l’Hérault et à Me Kouahou.


Délibéré après l’audience du 8 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Bourjade, première conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2025.

Le président-rapporteur,
JP. Gayrard
L’assesseure la plus ancienne,
B. Pater



La greffière,



P. Albaret

La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 septembre 2025.
La greffière,



P. Albaret


Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2025, Mme C... D... épouse A..., représentée par Me Kouahou, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 27 novembre 2024 du préfet de l’Hérault portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois mois ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours et de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S’agissant des décisions portant refus de séjour :
elles ont été prises par une autorité incompétente ;
elles sont insuffisamment motivées ;
elles révèlent un défaut d’examen réel et particulier de sa situation ;
le préfet s’est cru tenu par l’avis du collège des médecins de l’OFII ;
elles méconnaissent l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
elles méconnaissent l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et est disproportionnée.


Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2025, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir que les moyens soulevés à l’appui de la requête sont infondés.


Un mémoire, enregistré le 7 juillet 2025, présenté pour Mme D..., n’a pas été communiqué en application de l’article R. 613-3 du code de justice administrative.


Mme D... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 20 mars 2025.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Gayrard, rapporteur,
et les observations de Me Kouahou, représentant Mme D....





Considérant ce qui suit :


Mme C... D..., ressortissante algérienne née le 17 décembre 1982, demande au tribunal l’annulation de l’arrêté du préfet de l’Hérault du 27 novembre 2024 portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national d’une durée de trois mois.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

S’agissant des décisions portant refus de délivrance d’un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, par un arrêté n° 2024-340-422 du 7 juin 2024, le préfet de l’Hérault a accordé à M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault, une délégation à l’effet de signer « tous actes, arrêtés, décisions (…) relevant des attributions de l’Etat dans le département de l’Hérault (…) A ce titre, cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs (…) relatifs au séjour et à la police des étrangers (…) », régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du 14 juin suivant. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.


En deuxième lieu, l’arrêté litigieux vise les dispositions applicables, et notamment celles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et fait également état d’éléments de fait propres à la situation de la requérante. Il ne saurait être reproché au préfet de n’avoir fait mention d’aucun élément du dossier médical de l’enfant de la requérante dès lors qu’ils sont couverts par le secret médical. Par suite, le moyen tiré d’une insuffisance de motivation ne peut qu’être écarté.


En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l’Hérault, qui n’avait pas à indiquer de manière exhaustive l’ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de Mme D..., n’aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation. En se fondant sur l’avis du collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration du 7 novembre 2024 donnant son avis sur l’état de santé de son enfant B... A..., le préfet de l’Hérault, qui ne s’est pas cru lié par l’avis précité, a également procédé à un examen particulier et sérieux de sa propre situation. Le moyen tiré du défaut d’examen particulier doit donc être écarté comme non fondé.


En quatrième lieu, aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ». Il résulte de ces stipulations que, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d’enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d’affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation. Aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».


Les dispositions de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoient la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour au bénéfice des parents d’enfants mineurs dont l’état de santé répond aux conditions prévues par l’article L. 425-9 du même code, ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que le préfet, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire d’appréciation, délivre à ces ressortissants un certificat de résidence pour l’accompagnement d’un enfant malade. Il est alors loisible au préfet de consulter pour avis le collège médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). La partie qui justifie d’un avis du collège de médecins de l’Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l’existence ou l’absence d’un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d’un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l’autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d’apprécier l’état de santé de l’étranger et, le cas échéant, l’existence ou l’absence d’un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d’apprécier si l’état de santé d’un étranger justifie la délivrance d’un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d’instruction utile.

Pour refuser la délivrance d’un certificat de résidence à Mme D..., le préfet de l’Hérault s’est notamment fondé sur l’avis rendu le 7 novembre 2024 du collège de médecins de l’OFII, lequel a estimé que si l’état de santé de son fils B... A..., né le
2 février 2024, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, il peut toutefois, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier d’un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier, pour lesquels la requérante a levé le secret médical, que l’enfant B... A... est né grand prématuré et présente un risque de troubles du neurodéveloppement pour lequel, selon un certificat médical du 17 janvier 2025, un médecin du centre d’action médico-social précoce de Montpellier préconise un suivi pluridisciplinaire jusqu’à l’âge de six ans, tandis qu’un médecin du service de néonatalogie et un chirurgien du CHU de Montpellier évoquent, selon un certificat médical du 15 janvier 2025 un suivi en chirurgie infantile et plastique jusqu’à l’âge de sept ans. Toutefois, ces certificats ne permettent pas de remettre en cause l’avis précité du collège des médecins de l’OFII selon lequel l’enfant pourra bénéficier d’un traitement approprié dans le pays d’origine de ses parents et peut voyager sans risque vers ce pays. Si Mme D... soutient que, pour des raisons financières, son enfant ne pourra pas avoir effectivement accès aux soins nécessaires, elle n’apporte aucun élément à l’appui de telles allégations. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant et de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales peuvent être écartés. Il découle de ce qui précède que le préfet de l’Hérault n’a commis aucune erreur manifeste d’appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation de l’intéressée et de son enfant.

S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

D’une part, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».


Il ressort des pièces du dossier que Mme D... est entrée en France le 8 mars 2023 muni d’un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, que son époux,
M. A..., est également en situation irrégulière, et qu’elle n’est pas dénuée d’attaches familiales en Algérie où elle a vécu jusqu’alors l’essentiel de son existence. Rien ne fait donc obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie. La requérante ne fait état d’aucun facteur d’intégration dans la société française. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne peut qu’être écarté.


D’autre part, au vu des motifs exposés aux points 7 et 9, les moyens tirés d’une erreur manifeste d’appréciation et du caractère disproportionné de la mesure doivent être écartés.


Il découle de ce qui précède que Mme D... n’est pas fondée à demander l’annulation de l’arrêté du préfet de l’Hérault du 27 novembre 2024 portant refus de délivrance d’un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national. Il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d’annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à titre d’injonction ou sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.







D E C I D E :







Article 1er : La requête de Mme D... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... D... épouse A..., au préfet de l’Hérault et à Me Kouahou.


Délibéré après l’audience du 8 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Bourjade, première conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2025.

Le président-rapporteur,
JP. Gayrard
L’assesseure la plus ancienne,
B. Pater



La greffière,



P. Albaret

La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 septembre 2025.
La greffière,



P. Albaret


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions