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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2501128

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2501128

vendredi 28 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2501128
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 6 février 2025 autorisant la destruction de 12 grands cormorans dans les piscicultures des Pyrénées-Orientales. L'association SEPA contestait cet arrêté, invoquant l'urgence et un doute sérieux sur sa légalité, notamment au regard de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. Le juge a relevé que l'arrêté, limité à la période jusqu'au 28 février 2025, avait été entièrement exécuté à la date de l'ordonnance, rendant la demande de suspension sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2025 et régularisée le 24 février suivant, l'association Sauvetage Enquête Protection Animale (SEPA), demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

- de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 6 février 2025 du préfet des Pyrénées-Orientales portant dérogation aux interdictions de destruction des grands cormorans -Phalacrocorax carbo sinensis - dans les piscicultures du département des Pyrénées-Orientales au titre de la campagne 2024-2025.

Elle soutient que :

- l'urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision est établie eu égard au caractère irréversible des destructions qui vont intervenir et au fait que les tirs vont avoir lieu très rapidement puisque e les 12 grands cormorans, espèce protégée, seront abattus au plus tard le 29 février 2025 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :

. l'arrêté ne semble pas avoir été précédé d'une consultation publique suffisante, ni d'une évaluation rigoureuse des impacts environnementaux,

. le préfet n'apporte pas de justification scientifique pour l'octroi de dérogations à l'interdiction de destruction des grands cormorans en violation de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et de l'article 5 de la Charte de l'environnement,

. aucune preuve n'attestant que des solutions alternatives ont été mises en œuvre avant la prise de l'arrêté contesté, cette carence constitue une violation du principe de proportionnalité et du cadre juridique encadrant la destruction des espèces protégées.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 6 février 2025 du préfet des Pyrénées-Orientales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R.222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. L'association Sauvetage Enquête Protection Animale (SEPA)demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 6 février 2025 du préfet des Pyrénées-Orientales portant dérogation aux interdictions de destruction des grands cormorans -Phalacrocorax carbo sinensis- dans les piscicultures du département des Pyrénées-Orientales au titre de la campagne 2024-2025. Ledit arrêté prévoit d'autoriser des tirs dans l'enceinte de la pisciculture du " Canigo " dans la commune de Serdinya pour la destruction, au maximum, de 12 cormorans jusqu'au 28 février 2025 seulement, date de la fermeture de la chasse.

3. Par suite, à la date de la présente ordonnance, l'arrêté en litige ayant été entièrement exécuté, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête de l'association Sauvetage Enquête Protection Animale (SEPA).

Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'association Sauvetage Enquête Protection Animale (SEPA).

Copie sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.

Fait à Montpellier, le 28 février 2025.

Le juge des référés,

E. Souteyrand

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 28 février 2025.

La greffière,

M. A

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