mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | DELCHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2025 et un mémoire enregistré le 19 février 2025, M. A B, représenté par Me Delchambre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, avant dire-droit, la communication, par le préfet de Vaucluse, du dossier contenant les pièces sur la base desquelles l'arrêté contesté a été pris ;
3°) d'annuler l'arrêté du 13 février 2025 par lequel le préfet de Vaucluse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour de trois ans ;
4°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions de délai, et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de huit jours suivant la notification de la décision à intervenir ;
5°) en cas de rejet des conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui accorder un délai de départ volontaire de 6 mois ;
6°) en cas de rejet des conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et d'interdiction de retour, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de ramener la durée de l'interdiction de retour à une plus courte durée ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un vice d'incompétence puisqu'il n'est pas établi que le signataire de la décision bénéficiait d'une délégation régulièrement publiée ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué révèle un défaut d'examen de sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet du Vaucluse n'a pas examiné de façon sérieuse, réelle et complète sa situation ;
- elle est entachée d'erreurs de faits ; c'est à tort que le préfet indique qu'il ne dispose pas de ressources ni de résidence effective et permanente sur le territoire français ;
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
Sur le pays de destination :
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur le refus de délai de départ volontaire :
- il aurait dû se voir accorder un délai de départ volontaire a minima de 6 mois puisque c'est à tort que le préfet a estimé qu'il constituait une menace pour l'ordre public ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet du Vaucluse n'a pas examiné de façon sérieuse, réelle et complète sa situation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et de disproportion puisque son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement.
Le préfet de Vaucluse a communiqué le 18 février 2025 le dossier contenant les pièces sur la base desquelles l'arrêté contesté a été pris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Villemejeanne, première conseillère, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 février 2025 :
- le rapport de Mme Villemejeanne, magistrate désignée
- les observations de Me Delchambre, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 18 avril 1979 déclare être entré en France en 2022. Par un arrêté du 13 février 2025, le préfet de Vaucluse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de trois ans. M. B, placé au centre de rétention administrative de Sète, demande l'annulation de ces décisions.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B qui a présenté sa requête sans avoir recours à un avocat, a bénéficié lors de l'audience de l'assistance de l'avocat de permanence désigné par le bâtonnier. Le requérant n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement l'intéressé, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.
Sur la communication du dossier administratif du requérant :
3. Aux termes de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse a communiqué au tribunal, le 18 janvier 2025, l'ensemble des pièces sur la base desquelles a été pris l'arrêté contesté et que ces productions ont été communiquées au conseil de M. B. Dans ces conditions, les conclusions de ce dernier tendant à obtenir son dossier ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté pris dans son ensemble :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Sabine Roussely, secrétaire générale de la préfecture de Vaucluse, qui disposait, aux termes de l'arrêté n° 84-2024-12-13-00010 du 13 janvier 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°84-2025-006 de la préfecture du même jour, d'une délégation à l'effet de signer, tout arrêté relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la mesure d'éloignement en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, d'une part, la circonstance selon laquelle la présence de M. B ne constitue pas une menace pour l'ordre public est sans influence sur la motivation de l'arrêté contesté dès lors que la régularité formelle d'une décision ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs sur lesquels elle repose. D'autre part, le requérant ne peut utilement faire grief au préfet de ne pas avoir fait mention de son insertion professionnelle sur le territoire dès lors que pour satisfaire l'obligation de motivation le préfet n'a pas à énoncer l'ensemble des éléments qu'il a pris en considération mais uniquement ceux sur lesquels il a entendu fonder sa décision. L'arrêté contesté vise les textes dont il fait application et comporte l'énoncé des éléments de faits tenant à la situation personnelle et administrative de M. B. Ces indications ont permis à l'intéressé de comprendre et de contester l'arrêté pris à son encontre. L'arrêté contesté, comporte ainsi l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent son fondement. Par suite, l'arrêté étant suffisamment motivé, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse n'aurait pas procédé à l'examen de la situation de M. B avant de prendre à son encontre l'arrêté attaqué. Il ressort en revanche des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de Vaucluse a procédé à un examen suffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen de la situation du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, et comme il a été exposé au point 7, le préfet de Vaucluse a procédé à l'examen suffisant et circonstancié de la situation du requérant avant de décider de prendre à son encontre la mesure d'éloignement contestée. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de la situation du requérant doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ()3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été interpellé le 12 février 2025 pour des faits de refus d'obtempérer, rébellion, franchissement d'un feu rouge fixe, usurpation d'identité et conduite sans permis. La matérialité des faits n'est pas contestée par le requérant de sorte que le préfet a pu les prendre en considération alors même qu'ils n'auraient pas donné lieu à une condamnation pénale. Compte tenu de leur caractère récent et grave, le préfet de l'Hérault n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en estimant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Le préfet a pu ainsi obliger le requérant à quitter le territoire français sur le fondement du 5° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'au surplus sa décision pouvait trouver une base légale supplémentaire sur le fondement du 1° de ce même article puisqu'il est constant que le requérant n'est pas entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité.
11. En troisième lieu, pour contester la mesure d'éloignement contestée M. B soutient que le préfet a commis des erreurs de faits en mentionnant qu'il ne disposait pas de ressources ni de résidence effective et permanente sur le territoire français. Cependant, en se bornant à produire une attestation d'hébergement M. B ne justifie pas disposer d'un domicile stable en France. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'en mentionnant que M. B ne disposait d'aucunes ressources le préfet a simplement retranscrit les déclarations du requérant lors de son audition par les services de police. En tout état de cause, les erreurs de faits alléguées, à les supposer même établies, demeurent sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Il ressort en effet des pièces du dossier que pour obliger M. B à quitter le territoire français le préfet s'est fondé sur plusieurs motifs et notamment sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B ne conteste pas être entré irrégulièrement sur le territoire et s'y être maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Le préfet pouvait donc légalement obliger M. B à quitter le territoire français sans qui fasse obstacle les circonstances selon lesquelles le requérant disposerait d'une résidence effective en France ou disposerait de ressources. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreurs de faits doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
13. M. B déclare être entré sur le territoire français en 2022 sans toutefois justifier d'une entrée régulière. Bien qu'il ait été autorisé à séjourner en France ce n'est que le temps de l'examen de sa demande d'asile qui a été définitivement rejetée par la cour nationale du droit d'asile le 18 avril 2024. Depuis le rejet de sa demande d'asile, M. B ne justifie pas avoir accompli des démarches pour régulariser sa situation. Par ailleurs, en se bornant à alléguer que cousin vit à Nantes il n'atteste pas de l'effectivité des liens entretenus sur le territoire français ou d'une particulière intégration sociale, alors qu'il est célibataire et sans charge de famille, qu'il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-trois ans dans son pays d'origine et ne démontre pas y être dépourvu d'attaches. Enfin, les attestations produites et les documents relatifs à l'exercice d'un emploi de plongeur à titre saisonnier ne suffisent pas à caractériser l'investissement associatif et l'intégration professionnelle dont le requérant se prévaut et ne sont, en tout état de cause, pas de nature à établir une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
14. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
15. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B le préfet de Vaucluse s'est fondé sur le 3° de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a considéré qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement en se fondant sur le 1° et le 8° de l'article L. 612-3 du même code. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, la circonstance selon laquelle il ne constituerait pas une menace à l'ordre public, à la supposer même établie, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par ailleurs, le requérant ne conteste pas son entrée irrégulière sur le territoire français ni son absence de droit au séjour et ne justifie pas davantage être en possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Enfin, l'attestation rédigée en termes très peu circonstanciés ne saurait suffire à établir qu'il disposait à la date de la décision litigieuse d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, le préfet de Vaucluse n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant d'accorder à M. B un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
17. M. B fait état de craintes en cas de retour au Congo à raison de son homosexualité. Par ces seules allégations le requérant ne donne aucune indication sur la situation des personnes homosexuelles en République démocratique du Congo. Les pièces versées au débat ne permettent d'établir aucun fait concret et crédible le concernant personnellement. Elles ne suffisent pas davantage à démontrer l'existence de menaces de persécution. M. B, dont la demande d'asile a au demeurant été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile, ne démontre pas la réalité des risques et menaces dont il ferait personnellement l'objet en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
18. En premier lieu, M. B, qui n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de l'interdiction de retour.
19. En deuxième lieu, le préfet de Vaucluse a procédé à l'examen suffisant et circonstancié de la situation du requérant avant de prononcer l'interdiction de retour contestée. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de la situation du requérant doit être écarté.
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
21. Ainsi qu'il a été exposé précédemment, le requérant ne démontre pas avoir établi de liens personnels ou familiaux anciens, solides et durables en France et s'il se prévaut d'une présence continue sur le territoire français depuis 2022, il ne le démontre pas. Enfin il ressort des pièces du dossier, particulièrement du procès-verbal d'audition établi par les services de police que M. B a été interpellé pour des faits de refus d'obtempérer, rébellion, franchissement d'un feu rouge fixe, usurpation d'identité et conduite sans permis, alors même que ces faits qui ne sont au demeurant pas contestés par le requérant n'auraient pas donnés lui à des poursuites pénales, sa présence sur le territoire français peut être regardée comme constitutive d'une menace pour l'ordre public. Si le requérant n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, les éléments qui précèdent sont de nature à justifier légalement, dans son principe et sa durée, l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans prononcée à son encontre par le préfet de Vaucluse. Par suite les moyens tirés de ce que l'interdiction de retour pour une durée de trois ans est entachée d'erreur d'appréciation et de disproportion doivent être écartés.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 13 février 2025 pris par le préfet de Vaucluse doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025.
La magistrate désignée,
P. VillemejeanneLe greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 février 2025
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026