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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2501182

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2501182

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2501182
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDORE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales d'accorder un rendez-vous à Mme B dans un délai de huit jours pour lui permettre de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante justifiait de l'urgence, car elle se trouvait en situation irrégulière et son contrat de travail était suspendu en raison de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en ligne. Le juge a considéré que l'administration avait l'obligation de recevoir l'étranger dans un délai raisonnable pour enregistrer sa demande, conformément au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'État a également été condamné à verser 1 100 euros à Mme B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 et 18 février 2025, Mme A B, représenté par Me Doré, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfecture des Pyrénées-Orientales de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance de référé et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'elle est placée dans une situation irrégulière et que son contrat de travail est suspendu du fait de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous ;

- la mesure sollicitée est pleinement utile et n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il expose que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

4. Il n'est pas contesté que Mme B a tenté en vain de se connecter au site de la préfecture des Pyrénées-Orientales afin d'obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour. Ainsi, Mme B justifie l'urgence de la situation qu'elle invoque. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales d'accorder, dans un délai de huit jours, un rendez-vous à Mme B afin qu'elle puisse déposer une demande de renouvellement de titre de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.

Sur les frais liés au litige :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 100 euros que demande Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales d'accorder un rendez-vous à Mme B, dans un délai de huit jours, afin qu'elle puisse déposer une demande de renouvellement de titre de au séjour.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 100 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Le juge des référés

F. C

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 20 février 2025.

La greffière,

C. Touzet

N°250118

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