mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501267 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 février 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de désigner un avocat commis d'office et un interprète en langue arabe ;
3°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet des Pyrénées-Orientales de consulter la borne Eurodac et de poursuivre la procédure Dublin jusqu'à son transfert effectif vers l'Espagne ;
4°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de la mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet du Bas-Rhin ;
5°) d'ordonner au préfet de réexaminer sa situation ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est placé en centre de rétention administrative et peut faire l'objet à tout moment d'une exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre à destination de l'Algérie ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'asile et à sa liberté d'aller et venir : la preuve de sa demande d'asile en Espagne constitue un élément nouveau et postérieur à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre et à la fixation du pays de destination et le refus du préfet de consulter la borne Eurodac attestant du dépôt de sa demande d'asile en Espagne lui porte préjudice, l'Espagne étant le pays responsable de sa demande d'asile ; le préfet ne peut légalement procéder à l'exécution de la mesure d'éloignement alors que les autorités espagnoles ne se sont pas encore définitivement prononcées sur sa demande d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1991, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour d'un an prononcé par le préfet du Bas-Rhin le 4 janvier 2024, puis d'un arrêté du même préfet fixant le pays de destination le 16 octobre 2024, d'un arrêté portant assignation à résidence le 11 décembre 2024 par le préfet du Bas-Rhin et, enfin, d'un arrêté portant placement en rétention par arrêté du 24 décembre 2024. Il a ensuite fait l'objet d'une réadmission en Espagne le 6 février 2025, laquelle a été exécutée, avant d'être interpelé à nouveau en France le 7 février 2025, malgré une interdiction judiciaire de 5 ans prononcée par un jugement du tribunal correctionnel de Strasbourg en date du 12 juin 2024, et de faire l'objet d'un placement en rétention par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales le 7 février 2025. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre et d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de consulter la borne Eurodac et de poursuivre la procédure Dublin jusqu'à son transfert effectif vers l'Espagne.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. La contestation des mesures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière est entièrement régie par une procédure spéciale qui comporte un recours suspensif devant le tribunal administratif et présente le caractère d'une procédure d'urgence. Il en résulte que le recours à la procédure de référé-liberté à la suite d'une mesure d'éloignement n'est possible qu'à titre exceptionnel, dans le cas où, en raison de circonstances particulières, la saisine du juge des référés serait nécessaire pour qu'il soit mis fin à bref délai à une atteinte grave et immédiate à une liberté fondamentale, en particulier dans le cas où l'exécution de la décision d'éloignement emporterait des effets qui excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A n'a exercé aucun recours contre les arrêtés du préfet du Bas-Rhin du 4 janvier 2024 l'obligeant à quitter le territoire français et du 16 octobre 2024 fixant le pays de destination et a, suite à sa réadmission dans le cadre de la procédure Dublin à destination de l'Espagne, mise à exécution le 6 février 2025, pénétré à nouveau illégalement sur le territoire national dès le lendemain. Par suite, le requérant ne saurait utilement invoquer l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative précitées, qu'il a lui-même, dans les circonstances de l'espèce, contribué à créer en ne contestant pas, selon la procédure prévue par les dispositions particulières du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur ce point, les arrêtés du 4 janvier 2024 et du 16 octobre 2024 et en s'exposant à un placement en rétention sur le fondement de ces arrêtés en pénétrant à nouveau sur le territoire national suite à sa réadmission en Espagne. Il s'ensuit que le requérant n'établit pas l'urgence particulière visée aux points 3 et 4.
6. Par suite, les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce compris ses conclusions à fin d'injonction.
Sur la demande tendant à ce que le juge des référés ordonne la présence d'un interprète en langue arabe et d'un avocat :
7. Si M. A demande à être assisté par un interprète en langue arabe, aucune disposition du code de justice administrative n'impose au juge des référés de faire droit à une telle demande dans le cadre de la mise en œuvre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Si le requérant mentionne également dans ses écritures souhaiter être assisté par un avocat commis d'office à l'audience, aucune disposition du code de justice administrative ne prévoit la désignation d'un avocat commis d'office dans le cadre de la mise en œuvre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le requérant en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Montpellier, le 19 février 2025.
Le juge des référés,
Jérôme Charvin
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 février 2025
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026