jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2025, et un mémoire complémentaire enregistré le 26 février 2025, M. B A, représenté par Me Ortigosa-Liaz, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté n° BIA-Eloi-2025-136 du 20 février 2025 par lequel le préfet de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de cinq ans ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- Elle méconnait l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et méconnaît les dispositions de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur la notion de menace à l'ordre public et méconnait les dispositions de l'article L.611-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le risque de fuite en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 1° et 3° et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en ce que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnait les dispositions de l'article 3 et de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et de disproportion au regard de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction ;
- elle constitue une atteinte disproportionnée à son droit à la libre circulation.
Par un mémoire enregistré le 27 février 2025, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
- Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lafay en application de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lafay ;
- les observations de Me Ortigosa-Liaz, pour M. A, qui soutient ne pas avoir été invité par le préfet à présenter ses observations préalablement à l'édiction de l'acte attaqué, et les observations de M. A assisté de M. D, interprète en langue arabe.
1. Né le 1er janvier 2005 à Oran (Algérie), et de nationalité algérienne, M. B A, entré irrégulièrement en France à une date inconnue, n'a pas déposé de demande de titre de séjour en vue de régulariser sa situation au regard des lois sur le séjour des étrangers en France. Le 24 janvier 2025, il a été condamné par le Tribunal correctionnel de Tarascon à une peine d'emprisonnement de 6 mois dont 4 avec sursis, pour " vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, tentative et vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance ". Devant être élargi du centre pénitentiaire d'Avignon- Le Pontet le 21 février 2025, démuni de tout document d'identité et de voyage en cours de validité ainsi que d'une résidence effective et permanente en France, et son maintien sur le territoire français constituant une menace pour l'ordre public, il relevait ainsi des dispositions des articles L.611-1 1° (étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y étant maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité) et 5° (étranger, qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois, dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public), L. 612-2 1° et 3° et L.612-3 1° et 8° (étranger présentant un risque de se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet), L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permettaient au préfet de Vaucluse de prendre à son encontre le 20 février 2025 un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : "Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête susvisée, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions en annulation
Sur les moyens communs à toutes les décisions :
4. Par un arrêté du 13 janvier 2025, publié au recueil n° 84-2025-006 des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2025, produit au dossier, le préfet de Vaucluse a donné délégation à Mme C E, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de Vaucluse, à l'effet de signer, toutes décisions, relevant des attributions de l'État dans le département de Vaucluse, y compris l'ensemble des mesures de restriction de liberté destinées à mettre en œuvre l'éloignement d'un étranger en situation irrégulière sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
6. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Si le requérant soutient ne pas avoir fait l'objet de la part du préfet d'un entretien préalablement à l'édiction de l'acte attaqué, et ne pas avoir pu lui faire part des éléments de sa situation, il ressort des pièces du dossier notamment du formulaire établi le 17 février 2025, et dont la validité n'est pas utilement contestée, que M. A a refusé l'entretien et n'a pas formulé d'observations, ainsi que l'ont constaté le greffe du centre pénitentiaire d'Avignon-le Pontet et l'interprète en fonction au centre pénitentiaire, requis à cet effet le 14 février 2025. En outre, le requérant ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et les décisions subséquentes et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté méconnaîtrait les stipulations de l'article 41 de la charte susvisée et le principe général des droits de la défense, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.
7. L'arrêté attaqué vise les dispositions conventionnelles et législatives dont il a été fait application, expose précisément les motifs, tirés de la situation propre de l'intéressé, pour lesquels le préfet l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Par suite, et alors que les décisions contestées n'ont pas à exposer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait invoqués par le requérant devant le tribunal, et dont il n'avait fait part auparavant au préfet, alors qu'il y était invité, ainsi que cela figure au point 6, elle est suffisamment motivée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'ensemble des décisions manque en fait et doit, en conséquence, être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. Aux termes de l'article L613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".
9. Les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont issues en dernier lieu, dans leur rédaction applicable au litige, de l'article 37 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration. Il ressort des travaux parlementaires ayant précédé l'adoption de cet article que le législateur a notamment entendu codifier le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il a ainsi entendu imposer au préfet, avant l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français, de vérifier, compte tenu des informations en sa possession, si un étranger peut prétendre à se voir délivrer de plein droit un titre de séjour et, dans le cas contraire, si la durée de sa présence en France et la nature et l'ancienneté des liens qu'il y entretient ou des circonstances humanitaires justifient qu'il se voit délivrer un tel titre. Il appartient en particulier à l'autorité administrative d'apprécier, sous le contrôle du juge administratif, si l'étranger peut se prévaloir d'une résidence stable et régulière sur le territoire français de nature à avoir fait naître entre lui et le pays d'accueil des liens multiples. L'obligation ainsi faite au préfet se rapporte à la régularité de la procédure à l'issue de laquelle est prise la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le défaut d'une telle vérification, qui constitue une garantie pour l'étranger, est propre à entacher cette décision d'un vice de procédure.
10. il ressort de la décision et des pièces du dossier que la décision du préfet est intervenue en conséquence de la levée d'écrou le 21 janvier 2025 mettant fin à l'incarcération de M. A au centre pénitentiaire d'Avignon le Pontet à la suite de sa condamnation le 24 janvier 2025 à une peine d'emprisonnement de 6 mois dont 4 avec sursis, pour vol, assortie d'une interdiction du territoire de trois ans. A cette date, le requérant ne justifiait pas de la date de son entrée en France, de la possession d'un titre de séjour ou de voyage en cours de validité, d'une résidence stable, d'une activité et de ressources, ou de liens particuliers sur le territoire français. Outre le refus de l'entretien proposé par le préfet le 17 janvier 2025, il n'a fait part d'aucune information sur sa situation personnelle à cette autorité. Dans ces conditions, compte tenu des éléments en sa possession à la date à laquelle il a pris sa décision, le préfet de Vaucluse n'a pas méconnu les dispositions de l'article L613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressé.
11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il ressort des pièces du dossier, qu'à la date de la décision attaquée, M. A ne justifiait d'aucune vie privée et personnelle, ou professionnelle, ni de la durée de sa présence ou de liens en France. S'il soutient devant le tribunal être entré en France en 2022, en provenance d'Allemagne, pour rejoindre un oncle chef d'entreprise à Montpellier, chez lequel il réside depuis, et avoir le projet de déposer une demande de titre de séjour français, M. A ne produit aucune pièce de nature à établir la matérialité de ses allégations non circonstanciées. Dans ces conditions eu égard aux informations en sa possession à la date de la décision attaquée, le préfet de Vaucluse n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect à la vie privée et familiale de M. A. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
13. Aux termes de l'article L611-1 : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; ().
14. Pour établir que le comportement de M. A représente une menace pour l'ordre public, le préfet de Vaucluse relève d'une part que l'intéressé est démuni de tout document d'identité, de toute autorisation de circulation ou de séjour sur le territoire français, sur lequel il ne réside pas de manière régulière depuis plus de trois mois, d'autre part qu'il a été condamné par le Tribunal correctionnel de Tarascon à une peine d'emprisonnement de 6 mois dont 4 avec sursis, pour " vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, tentative et vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance", assorti d'une interdiction du territoire de trois ans. Il en résulte que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de Vaucluse ne s'est pas limité à la seule condamnation dont il a fait l'objet, mais en a apprécié la portée au regard de son comportement sur le territoire français, sur lequel il est entré et séjourne irrégulièrement sans jamais avoir cherché à régulariser sa situation. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans la caractérisation de la menace pour l'ordre public doit être écarté.
15. Si M. A soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit, il ne développe aucune argumentation pour en établir l'existence. Par suite le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé, et doit être rejeté.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). Aux termes de l'article L612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L612-3 du même code : Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
17. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français, sans justifier de la possession d'un titre de voyage ou d'un titre de séjour, ni du dépôt d'une demande en vue d'obtenir ce dernier, et qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour, notamment la possession d'une résidence effective et permanente. Dans ces conditions, le préfet de Vaucluse n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en considérant que le requérant présentait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, et en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de destination :
18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ".
19. Si M. A soutient que la décision méconnait les dispositions de l'article 3 visées ci-dessus, et celles de l'article 8 visées au point 11, de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales il ne développe aucune argumentation pour en établir l'existence. Par suite le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé, et doit être rejeté.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans :
20. Aux termes de l'article L612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L612-10 du même code : Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ().
21. il ressort des pièces du dossier que M. A, entré irrégulièrement en France à une date indéterminée, s'y maintient sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, en ménageant ainsi volontairement sa clandestinité, qu'il ne justifie d'aucuns liens personnels ou professionnels avec le territoire français, et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Compte tenu de cette situation du requérant, la décision du préfet de Vaucluse fixant à cinq ans la mesure d'interdiction de retour n'est ni disproportionnée, ni entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Vaucluse du 20 février 2025, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Vaucluse et à Me Ortigosa-Liaz.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le magistrat désigné,
L. N. LafayLa greffière,
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 mars 2025.
La greffière
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026