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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2502842

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2502842

mercredi 26 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2502842
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBAUTES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de M. B... qui demandait, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, l'exécution d'une ordonnance du 16 juin 2025 enjoignant au préfet de l'Hérault de lui attribuer un logement. Le tribunal a jugé cette demande irrecevable car l'ordonnance initiale, prise en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, avait déjà prononcé une astreinte spécifique de 700 euros par mois. Ce régime d'astreinte propre au droit au logement opposable exclut toute autre mesure d'exécution forcée prévue par le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2502842 en date du 16 juin 2025, la présidente du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, a fait injonction au préfet de de l’Hérault d’attribuer à M. B... un logement adapté et accessible, conformément aux préconisations de la commission de médiation dans sa décision du 4 juin 2024, sous astreinte de 700 euros par mois de retard à compter du 1er août 2025.

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Bautes, demande au tribunal d’enjoindre au préfet de l’Hérault, en application de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, d’assurer l’exécution sans délai de l’ordonnance du 16 juin 2025.

Il soutient qu’il reste, avec sa famille, dans une situation préoccupante et dans l’attente d’une proposition de relogement.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l’exécution. ».

3. Aux termes du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne, lorsqu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l’Etat et peut assortir son injonction d’une astreinte. (…) / Lorsqu’il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l’Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l’instruction. / Le produit de l’astreinte est versé au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l’article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l’astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l’astreinte est due en application du jugement qui l’a prononcée. (…) ». Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d’office ou sur la saisine du requérant, que l’injonction prononcée n’a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu par l’article L. 300-2 du code de la construction et de l’habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l’astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l’expiration du délai imparti par le jugement, l’injonction est demeurée inexécutée par le fait de l’administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l’espèce, modérer le montant dû par l’Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte. ».

4. En définissant, à l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un régime d’astreinte spécifique, applicable à la procédure de mise en œuvre du droit au logement opposable, le législateur a nécessairement exclu que le juge puisse, dans le cadre de cette procédure, assurer l’exécution de ses jugements ou prononcer une astreinte sur le fondement des dispositions générales de l’article L. 911-4 du code de justice administrative.

5. Par une ordonnance du 16 juin 2025, la présidente du tribunal a prononcé une astreinte de 700 euros par mois de retard à l’encontre de l’Etat, destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, si le préfet de l’Hérault ne justifiait pas avoir, passé la date du 1er août 2025, exécuté l’injonction qui lui était faite par cette décision d’attribuer un logement à M. B.... L’injonction et l’astreinte ainsi prononcées étant exclusives de toute autre mesure d’exécution ou d’astreinte prévue par le code de justice administrative, les conclusions de la requête tendant à ce que le juge assure l’exécution de sa décision du 16 juin 2025 ne peuvent qu’être rejetées comme irrecevables.


6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée à Me Bautes.


Fait à Montpellier, le 26 novembre 2025.


La présidente,



V. Quéméner


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 novembre 2025,
La greffière,



C. Arce

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