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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2502993

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2502993

lundi 28 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2502993
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKARIMI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant afghan. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales d'examiner sa demande de document de voyage pour pouvoir circuler librement avec sa famille. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de démarches préalables auprès de la préfecture ou d'un préjudice grave et immédiat. La demande de frais de justice a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 avril 2025, M. A B représenté par Me Karimi, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales d'examiner sa demande de délivrance d'un document de voyage ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'il souhaite pouvoir voyager librement avec ses enfants et sa femme en dehors du territoire national ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il ne saurait y avoir de restriction permanente à sa mobilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, au jour où il statue, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si cette situation est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, au requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Si M. B, ressortissant afghan né le 1er janvier 1991, soutient qu'il souhaite pouvoir voyager librement avec ses enfants et sa femme en dehors du territoire national, il ne produit aucun élément qui établirait qu'il aurait entrepris des démarches auprès de la préfecture des Pyrénées-Orientales pour obtenir le document sollicité ni que l'absence de réponse de la préfecture des Pyrénées-Orientales serait de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat aux intérêts qu'il entend défendre. Ainsi, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et, bien qu'il n'en soit pas fait application dans la présente instance, de lui rappeler qu'aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ".

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance verse la somme de 1 800 euros à M. B.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Le juge des référés

F. C

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 28 avril 2025.

Le greffier

D. Martinier

N°2502993

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