jeudi 5 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2503527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | POLLONO FLEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2025, M. F A, représenté par Me Pollono, demande au tribunal :
1°) de suspendre la décision implicite du préfet de l'Hérault rejetant sa demande d'extension de l'accord de regroupement familial concernant son dernier fils, E ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande de regroupement familial dans un délai de deux semaines à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le préfet de l'Hérault à verser la somme de 1 800 euros à son conseil au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de la loi sur l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a effectué de nombreuses diligences auprès de la préfecture ;
- l'urgence se justifie au regard des visas obtenus par toute la famille qui doit quitter le Bangladesh avant le 30 juillet 2025 et que la famille ne peut pas partir sans l'enfant de 3 ans.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- l'administration a commis une erreur de droit en refusant le regroupement familial pour l'enfant dès lors que, d'une part, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des ressources, le plafond étant inchangé pour une famille de quatre ou cinq personnes et d'autre part que, la condition tenant au logement est satisfaite ;
- la décision viole les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'enfant E ne sera pas isolé dans son pays d'origine, le requérant disposant de la possibilité de revenir dans son pays d'origine ;
- il n'y a aucune preuve d'un refus d'obtention d'un visa long séjour au profit de l'enfant E ;
- le requérant n'a accompli aucune réelle diligence afin d'obtenir le regroupement familial au profit de son dernier enfant.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- le requérant n'a pas procédé à une demande d'extension du regroupement familial au bénéfice de son enfant, E ;
- le requérant n'a pas présenté une nouvelle demande d'introduction en France pour son fils E auprès de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) ;
- un nouvel examen en vue de vérifier l'ensemble des conditions de ressources et du logement doit être accompli par l'OFII ;
- il n'existe pas de décision faisant grief, de sorte que le requérant ne saurait soulever le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 avril 2025 sous le n° 2502970 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 3 juin 2025 à 14H30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés,
- les observations de Me Moulin, substituant Me Pollono, représentant M. A, en présence de celui-ci, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens. Elle ajoute que M. A a bien présenté sa demande d'extension de regroupement familial auprès de L'OFII qui lui a seulement demandé l'acte de naissance de son fils E. Elle précise qu'il n'existe pas de procédure formalisée pour une demande d'extension de regroupement familial et que les conditions de ressources et de logement sont remplies et que la famille doit quitter le pays fin juillet 2025 avant l'expiration des visas qui ont été délivrés à l'épouse de M. A et ses deux premiers enfants,
- les observations de M. D, représentant le préfet de l'Hérault, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens et ajoute qu'un nouvel examen des ressources et du logement est nécessaire, la situation ayant pu évoluer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 18 juin 1977, de nationalité bengalie, est entré en France le 9 octobre 2004 où il réside régulièrement et a obtenu, le 29 juin 2020, le bénéfice du regroupement familial pour son épouse et ses enfants, B et C. Son épouse et ses deux enfants se sont vus opposer des refus de visas à la suite de cette décision de regroupement familial. Par jugement n°2315580 du 21 janvier 2025, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France du 8 juin 2023 et a enjoint au réexamen de leur situation. Dans l'intervalle, le 15 juillet 2022, un troisième enfant, E est né au Bangladesh. Par plusieurs sollicitations les 13 août 2022, 18 janvier 2023, puis les 13 avril 2023 et 23 janvier 2025, M. A a demandé à l'OFII et au préfet de l'Hérault d'étendre l'accord de regroupement familial au bénéfice de son troisième enfant. Par la présente, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande d'extension de regroupement familial au bénéfice de son fils E.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A, après plusieurs demandes en 2022 et 2023 auprès de l'OFII et du préfet de l'Hérault sollicitant l'extension du regroupement familial pour son fils E, a demandé en dernier lieu le 23 janvier 2025 au préfet de l'Hérault de faire droit à sa demande d'extension de regroupement familial. Il ressort également des pièces du dossier que l'OFII, suite à sa demande, a seulement demandé le certificat de naissance de l'enfant E sans demander de pièces complémentaires. Dans ces conditions, il doit être établi que le dossier de demande doit être regardé comme complet et transmis au préfet de l'Hérault et que le mail du préfet de l'Hérault du 25 février 2025 doit être regardé comme une décision expresse de rejet au motif de l'absence de dépôt de sa demande de regroupement familial auprès de l'OFII. Dès lors, le préfet de l'Hérault n'est pas fondé à soutenir que la requête de M. A est irrecevable en l'absence de décision faisant grief.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il ressort des pièces du dossier que seuls l'épouse de M. A et ses deux enfants, B et C sont en possession d'un visa valable seulement jusqu'au 31 juillet 2025. Dès lors, alors que l'épouse de M. A et ses deux enfants attendent depuis la décision de regroupement familial du 29 juin 2020 de venir vivre en France avec M. A et que l'enfant E, âgé de trois ans, ne peut être séparé de sa mère, l'urgence est constituée au cas d'espèce.
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention des droits de l'enfant est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont satisfaites. Il y a lieu, dès lors, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté la demande d'extension de regroupement familial présenté par M. A au bénéfice de son fils E jusqu'à ce qu'il soit statué au fond.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution de la présente ordonnance implique d'enjoindre au préfet de l'Hérault de prendre une nouvelle décision sur la demande de M. A dans un délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance, étant précisé que M. A justifie des conditions de ressources et de logement prévues par les articles R. 434-5 et R. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour une famille de 5 personnes en l'état des pièces du dossier. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du préfet de l'hérault une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du préfet de l'Hérault du 25 février 2025 rejetant la demande d'extension de regroupement familial présenté par M. A au bénéfice de son fils E est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault prendre une nouvelle décision sur la demande de M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A et au préfet de l'Hérault.
Copie en sera adressée à Me Pollono et Me Moulin.
Fait à Montpellier, le 5 juin 2025.
La juge des référés,
F. Corneloup
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juin 2025
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026