jeudi 12 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2504189 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2025, l'Association Communale des Chasseurs et Propriétaires de Cournonterral, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution des mesures engagées par la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault visant à retirer ou refuser l'attribution des carnets de battue et des plans de chasse sur le territoire de la commune de Cournonterral ;
2°) d'enjoindre à la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault de respecter les droits acquis et les autorisations préfectorales qui lui ont été délivrées ;
3°) de condamner la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault aux frais d'instance.
Elle soutient que :
- la décision du 19 mai 2025 de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault de suspendre l'attribution des carnets de battue sanglier et des plans de chasse chevreuils pour la saison 2025-2026 sur le territoire de la commune de Cournonterral, qui n'a fait l'objet d'aucune notification formelle et ne repose sur aucun fondement, intervient sans autorisation de l'autorité préfectorale et alors même que sa demande de chasse anticipée avait été acceptée le 27 mai ;
- le refus du 2 juin 2025, qui présente un caractère rétroactif, se fonde sur une décision de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage qui ne lui a pas été communiquée et qui est illégale ;
- ces mesures méconnaissent l'article L. 422-10 du code de l'environnement et révèlent un détournement de pouvoir ;
- l'urgence à prononcer la suspension de l'exécution de ces mesures est établie dès lors que celles-ci font obstacle à des droits de chasse régulièrement autorisés et ainsi portent atteinte à la sérénité de ses membres.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des mesures en litige prises par la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault, l'association requérante fait valoir que celles-ci font obstacle à des droits de chasse régulièrement autorisés et ainsi portent atteinte à la sérénité de ses membres. Toutefois, il ressort de la décision en litige du 19 mai 2025 que la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Hérault a prononcé la suspension de l'attribution des carnets de battue sanglier et des plans de chasse chevreuils pour la saison 2025-2026 sur le territoire de la commune de Cournonterral " tant qu'un accord de répartition des territoires garantissant une chasse du grand gibier en toute sécurité ne sera pas trouvé (date butoir le 01 juillet 2025) ". Par suite, en l'état, la mesure critiquée n'ayant pas un caractère définitif et pouvant être levée avant l'ouverture générale de la période de chasse, elle ne porte pas une atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à la situation de l'Association Communale des Chasseurs et Propriétaires de Cournonterral ou aux intérêts qu'elle entend défendre. Par suite, l'association requérante ne peut être regardée comme justifiant de l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. En conséquence, il y a lieu de rejeter, par ordonnance, la présente requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'Association Communale des Chasseurs et Propriétaires de Cournonterral est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Association Communale des Chasseurs et Propriétaires de Cournonterral.
Fait à Montpellier, le 12 juin 2025.
Le juge des référés,
E. Souteyrand La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juin 2025.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026