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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2504540

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2504540

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2504540
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMARTINEZ

Résumé IA

Refus de délivrance d’un second passeport par le préfet de l’Hérault. Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension. La condition d’urgence n’est pas remplie, l’impossibilité alléguée de se rendre aux États-Unis en raison de tampons cubains ne constituant pas une circonstance particulière justifiant une mesure provisoire immédiate.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juin 2025, M. B... A..., représenté par Me Martinez, demande au tribunal :

1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision du préfet de l’Hérault en date du 25 avril 2025 portant rejet de son recours gracieux contre la décision refusant de lui délivrer un second passeport ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de procéder au réexamen de sa demande de délivrance d’un second passeport dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée : le refus de délivrance d’un second passeport porte atteinte à sa liberté d’aller et venir ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle a été prise par une autorité incompétente ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d’erreur de droit dès lors que le préfet de l’Hérault ne pouvait se fonder sur la législation anti-terroriste américaine pour opposer un refus à sa demande sans méconnaitre la pratique administrative constante ; elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ; le préfet de l’Hérault a commis un détournement de pouvoir ; elle porte atteinte à la liberté de circulation dès lors qu’il lui est impossible de se rendre aux Etats-Unis en raison des tampons cubains figurant sur son passeport.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.


La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... a sollicité la délivrance d’un second passeport, laquelle lui a été refusée par le préfet de l’Hérault. Le recours gracieux formé par M. A... contre cette décision ayant été rejeté le 25 avril 2025, ce dernier demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision du 25 avril 2025.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Enfin, l'article L. 522‑3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour établir l’existence d’une situation d’urgence, M. A... fait valoir que l’exécution de la décision contestée porte atteinte à sa liberté d’aller et venir dès lors qu’il lui est impossible de se rendre aux Etats-Unis en raison des tampons cubains figurant sur son passeport. Cependant, les circonstances ainsi alléguées par M. A... ne suffisent pas à constituer des circonstances particulières permettant de caractériser la nécessité pour celui-ci de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Dès lors, en l’état de l’instruction, il n’apparaît pas que la situation du requérant revêtirait ainsi le caractère d’une situation d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu’il conteste soit suspendue. Par suite, la condition d’urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montpellier, le 30 juin 2025.


Le juge des référés,




J. Charvin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 juin 2025.
La greffière,




A-L. Edwige

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